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Trump condamné par son propre parti à un mois du vote

Les propos dégradants pour les femmes tenus par le candidat ont fait déborder le vase

Donald Trump a salué la foule, dans laquelle plusieurs lui criaient des insultes, à sa sortie de la tour Trump à New York, samedi, alors que de plus en plus de leaders républicains le pressent d’abandonner la course à la présidence à un mois d’un scrutin du 8 novembre prochain.
Photo AFP Donald Trump a salué la foule, dans laquelle plusieurs lui criaient des insultes, à sa sortie de la tour Trump à New York, samedi, alors que de plus en plus de leaders républicains le pressent d’abandonner la course à la présidence à un mois d’un scrutin du 8 novembre prochain.

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La plus récente controverse du candidat républicain Donald Trump pourrait lui être fatale. Samedi, il a été condamné par son propre parti et même par son épouse, après la diffusion d’une vidéo où il tient des propos vulgaires et misogynes.

«C’est fini pour lui, il ne peut pas survivre à ça», déclare le politologue Rafael Jacob. S’il assure qu’il n’a jamais sous-estimé le controversé homme d’affaires, cette fois, «le train fonce dans le mur et le bateau coule».

Dans un enregistrement, capté à son insu par le réseau NBC il y a 11 ans,

Donald Trump tient, en parlant à un animateur, des propos dégradants envers les femmes qui frôlent le harcèlement sexuel.

Même si l’aspirant-président des États-Unis a présenté ses excuses dans une vidéo à la suite du tollé soulevé par ses propos, elles n’auront pas suffi à apaiser la colère.

Refus d’abandonner

Néanmoins, malgré les appuis qui s’effritent, Donald Trump a martelé que «jamais au grand jamais» il n’abandonnerait.

Son épouse Melania Trump a aussi tenté de venir à sa rescousse, samedi, demandant aux Américains de lui pardonner, tout en condamnant ses paroles.

«Les mots que mon mari a utilisés sont à mes yeux inacceptables et outranciers. Ils ne représentent pas l’homme que je connais», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Cependant, même le colistier de Donald Trump, Mike Pence, a dénoncé les propos de celui avec qui il forme pourtant une équipe.

«Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre», a dit le candidat à la vice-présidence, saluant toutefois le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

Largué par les républicains

Samedi, le New York Times dénombrait pas moins de 40 figures influentes du Parti républicain qui ont retiré leur appui à Donald Trump après la diffusion de l’enregistrement.

Le candidat défait à la présidentielle de 2008, John McCain, a déclaré que les propos de Donald Trump rendent «impossible de continuer à soutenir sa candidature».

De son côté, l’ancienne secrétaire d’État de George W. Bush, Condoleeza Rice, a demandé au candidat républicain de se retirer.

«Pour la première fois depuis que je suis devenu citoyen américain en 1983, je ne voterai pas pour le candidat républicain à la présidentielle», a quant à lui affirmé l’acteur et ex-gouverneur républicain de la Califor­nie, Arnold Schwarzenegger.

Pour Rafael Jacob, cette nouvelle controverse empêchera Donald Trump de séduire les indécis et de ravir des électeurs à sa rivale Hillary Clinton. «Ce sera quand même serré, car ses partisans le suivent aveuglément, mais il va perdre», estime-t-il.

Les deux candidats à la présidence doivent par ailleurs s’affronter ce soir dans un deuxième débat télévisé.

– Avec l’Agence France-Presse

Ce qu’a dit Donald Trump

«J’ai tenté de la baiser, elle était mariée. [...] Je me suis approché d’elle comme si elle était une salope, mais je n’ai pas réussi. [...] Je suis automatiquement attiré par les belles femmes. Je les embrasse, je n’attends même pas. Et quand t’es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Je les attrape par la chatte», avait-il dit en 2005 à l’animateur de NBC, Billy Bush, alors qu’ils se trouvaient dans un autobus avant un tournage. Le candidat républicain a qualifié ses propos de «plaisanteries de vestiaire».

Des dérapages troublants sur les femmes

«Regardez-moi cette tête. Qui voterait pour ça ?»

– Trump avait ainsi qualifié son ex-rivale aux primaires républicaines, Carly Fiorina.

«On pouvait voir du sang gicler de ses yeux, du sang gicler de son... d’où que ce soit.»

Donald Trump décrivait alors la prétendue animosité que lui vouait une journaliste de Fox News, Megyn Kelly, lors du premier débat des primaires républicaines en août 2015. Il avait ensuite démenti avoir voulu faire une allusion aux règles de la jeune femme, qu’il avait aussi qualifiée de «bimbo».

«Elle avait pris énormément de poids, ce qui posait un vrai problème.»

Ce récent commentaire de Donald Trump visait Alicia Machado, une Vénézuélienne couronnée Miss Univers 1996, du temps où l’homme d’affaires organisait ces concours de beauté.

– avec l’AFP