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Journée mondiale de la santé mentale: l’accent sur les causes sociales

Journée mondiale de la santé mentale: l’accent sur les causes sociales
Camille Dufétel

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L’humanité fait parfois défaut au milieu hospitalier, déplore un ancien directeur des relations de travail en proie avec des problèmes de santé mentale, qui estime que les intervenants du milieu communautaire lui ont sauvé la vie

Rencontré dans le cadre d’un événement tenu aujourd'hui par le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ), Stéphane Belleville s’est joint à de nombreux citoyens devant le métro Mont-Royal, venus souligner l’importance d’une approche plus humaine des problèmes de santé mentale au Québec et d’une plus grande considération de leurs causes sociales.  
 
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, cet ancien directeur, qui avait 21 000 employés sous sa responsabilité, a expliqué avoir souffert de problèmes de santé mentale dus en grande partie au stress vécu au travail. «J’ai été médicamenté et j’ai eu un suivi psychologique, a-t-il raconté. La médication est un des éléments du traitement ; j’ai trouvé que le suivi ne prenait pas compte de l’ensemble de la personne, qu’il s’attaquait surtout aux symptômes.» Quelques années plus tard, il raconte qu’une tentative de suicide l’a mené, en plus de son suivi, à découvrir le milieu communautaire et une approche alternative à ses problèmes.
 
Autre approche
 
«J’ai aimé l’humanité de l’approche. Ils m’ont amené à comprendre les causes de mes problèmes, a indiqué celui qui fait aujourd’hui partie du Comité de mobilisation du RRASMQ. Avec les intervenants un contact se crée, on devrait donner le temps aux médecins de développer des relations avec leurs patients, peut-être ajouter des travailleurs sociaux, des intervenants en milieu hospitalier.»
 
Son histoire et celle de plusieurs autres citoyens étaient précisément l’objet de cette 4e Journée de visibilité de l’Alternative en santé mentale. «On estime que les problèmes de santé mentale peuvent avoir des causes sociales telles que des mauvaises conditions de logement, les conditions de travail, une insécurité financière... Ces causes sont souvent mises au second plan», a lancé Robert Théoret, responsable à l'action politique du RRASMQ et porte-parole de l'événement.
 
Le regroupement a lancé il y a quelques semaines la plateforme Web «J’ai une histoire», invitant les citoyens souffrant de problèmes de santé mentale ou traversant une crise à raconter leur vécu. «On dit souvent que l’histoire d’une personne souffrant de maladie mentale n’a de sens que pour établir son diagnostic, a poursuivi M. Théoret. Nous on dit :''On a une histoire, pourquoi en faire une maladie?''. On propose une réflexion globale sur l’importance d’agir sur les déterminants sociaux». Il estime entre autres que les organismes d’entraide, qui «agissent carrément sur les conditions de vie des personnes», mériteraient davantage de soutien.