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Il agressait des femmes dans sa voiture de police

L’ex-chef de police de Wemotaci a été condamné à six ans de prison

Jean-Paul Neashish nie toujours les événements, même s’il a fait des aveux.
Photo Amélie St-Yves Jean-Paul Neashish nie toujours les événements, même s’il a fait des aveux.

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LA TUQUE | Un ex-chef de police a agressé sexuellement des femmes vulnérables alors qu’il était en uniforme dans sa voiture de police. Il passera six ans en prison.

L’ex-policier de la réserve de Wemotaci, située à une centaine de kilomètres de La Tuque, en Mauricie, Jean-Paul Neashish, 69 ans, a été condamné à six ans de pénitencier mardi pour avoir agressé deux femmes pendant qu’il était en devoir, en plus d’avoir agressé trois fillettes avant de rallier les rangs de la police, un crime qualifié d’«odieux» par le juge.

Dans l’auto-patrouille

«L’accusé s’est servi du véhicule de patrouille pour conduire ses victimes dans un endroit isolé. C’est dans ce même véhicule qu’il les a agressées alors qu’il portait l’uniforme du service de police qui l’a embauché. Il s’agit d’un crime particulièrement odieux qui commande une peine dénonciatrice et dissuasive», a dit le juge Jacques Lacoursière.

Dans un des deux cas, la femme aurait subi une deuxième agression immédiatement après, par un autre homme qui était sur les lieux. Marcel Boivin subira son procès en novembre pour agression sexuelle. Il aurait dit à Neashish de «faire vite», avant d’avoir, lui aussi, une relation complète avec elle.

L’ex-policier continue de nier les événements pour lesquels il est condamné, même s’il a fourni des déclarations incriminantes aux enquêteurs.

«Il ne s’est rien passé», s’est-il contenté de dire à sa sortie du palais de justice, pendant qu’il se faisait escorter vers la prison.

De son côté, une victime s’est simplement dite soulagée, les yeux pleins de larmes.

Le juge Jacques Lacoursière a condamné l’homme pour plusieurs agressions entre 1966 et 2006. Jean-Paul Neashish a été policier de 1976 à 1989.

Trois fillettes

En plus de ces événements, Jean-Paul Neashish a été condamné pour des crimes sexuels sur trois fillettes de moins de 14 ans.

Une victime qui était âgée de 7 à 10 ans lors des événements a été forcée de faire des fellations à l’accusé. Elle a raconté pendant le procès que les agressions lui coupaient l’appétit.

«Bien, l’odeur d’un homme qui sue [...] À jeun, je n’ai pas eu connaissance qu’il m’a fait ça, juste quand il prenait un coup, puis ça arrivait souvent le monde qui prenait un coup», a-t-elle dit.

Agressé au pensionnat

Le juge Jacques Lacoursière a pris en considération le passé difficile de l’accusé qui a été agressé dans les pensionnats autochtones (voir encadré), mais ça n’excuse pas les gestes posés.

«Les victimes étaient en droit de s’attendre à ce que l’accusé les protège et non qu’il abuse ainsi de son autorité pour assouvir ses bas instincts», a dit le juge.

 

L’agresseur a lui-même été victime d’un prêtre

 

Jean-Paul Neashish a été agressé sexuellement par un prêtre lors de son passage dans les pensionnats autochtones vers l’âge de huit ans, selon un rapport de type Gladue qui a été pris en compte dans l’attribution de la peine.

Le juge estime qu’effectivement, des facteurs historiques et systémiques ont mené l’homme devant les tribunaux et lui a donc donné une sentence plus clémente en raison de son passé.

«Il est vrai que l’accusé a réussi, malgré ces épreuves, à poursuivre ses études et à occuper des emplois enviables [...], mais cela ne signifie pas pour autant qu’il se soit libéré du traumatisme vécu», a dit le juge Jacques Lacoursière.