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Consultation sur la réussite éducative ou l’histoire sans fin

Consultation sur la réussite éducative ou l’histoire sans fin
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Le ministre de l’Éducation nous présente un ramassis de pistes d’action qui ont une allure de réchauffé et qui vont dans toutes les directions.

D’une part, la CSQ se plaint du caractère improvisé de la dite consultation avec le peu de temps accordé au personnel de l’éducation dans les divers forums, ce qui a amené ses enseignants de la Région de Québec à boycotter l’initiative du ministre. D’autre part, le patronat met l’accent sur ses préoccupations spécifiques. De son côté, un éditorialiste somme le ministre de ne pas succomber au lobby, mais en fait lui-même en insistant sur la mise en place d’un institut de l’éducation dont un groupe d’universitaires fait la promotion.

C’est l’histoire du ministre Sébastien Proulx dans ses pérégrinations pour procéder à l’élaboration de la nouvelle politique sur la réussite éducative. Toutefois, l’histoire a déjà été écrite à de multiples reprises depuis la création du ministère de l’Éducation et encore plus particulièrement depuis l’invention du concept des plans de réussite au début des années 90 avec le ministre Michel Pagé. Pour quelques dollars de plus, les écoles devaient élaborer un plan pour favoriser la réussite éducative qui était fort mal en point après le rehaussement de la note de passage à 60%.

Nous avons eu droit par la suite à une énième réforme qui succédait à des États généraux de l’éducation, dont l’ex-ministre de l’éducation, François Legault, ne tarda pas à reformuler en y ajoutant ses contrats de réussite qui fixaient des quotas aux établissements.

Les conventions de gestion de l’ex-ministre Courchesne succédèrent à ces contrats toujours dans la foulée d’une politique éducative qui devait accroître la réussite. L’ex-ministre Beauchamp se vit infliger l’obligation de tenir des forums en marge de l’adéquation formation et main d’œuvre qui remettait encore à l’avant plan la réussite éducative.

L’ex-ministre Malavoy n’eut pas assez de temps pour déposer sa propre politique, malgré les rumeurs à l’effet qu’elle était sur le point de procéder. Il semblerait que l’imminence d’élections générales ait été prise en considération dans sa retenue.

Les ex-ministres Bolduc et Blais ont supporté le projet de loi 86 qui devait à son tour nous mener vers la réussite éducative, mais le tout a été mis aux ordures par le ministre actuel qui y a substitué sa consultation avec plusieurs bonnes idées de ses prédécesseurs.

À deux ans des prochaines élections, il y a fort à parier que peu de moyens seront pris pour mettre en œuvre l’éventuelle politique qui émergera de cette consultation déjà contestée et qui prend des airs de grand « happening » après un passage difficile où les propositions gouvernementales ont fait choux blancs. Le comportement gouvernemental laisse perplexe et prête à croire que l’objectif est principalement de sauver les apparences après autant d’échecs retentissants.

L’instrumentalisation de l’école à des fins politiques s’avère dommageable et, à l’instar d’autres ministères, elle fragilise les ministres face à l’appareil d’État. Le ramassis des pistes d’action figurant dans la consultation actuelle est à plusieurs égards de l’ordre des bons vœux qui ne se matérialiseront pas, mais qui permettent aux fonctionnaires de maintenir des approches génératrices d’échec depuis trop longtemps.

Plutôt que de vouloir réécrire l’histoire et demeurer prisonnier de son ministère, le ministre aurait eu intérêt à se concentrer sur quelques points chauds et se libérer du joug de quelques penseurs de son entourage qui perpétuent les fondements d’une réforme dommageable dans certains de ses aspects.