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L’exploit de Carlos Leitao

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Décidément, on ne cesse de faire reculer les frontières de la magie.

Ces dernières années, les prestidigitateurs ont rivalisé d’ingéniosité pour faire disparaître des objets de plus en plus gros: un avion, la statue de la Liberté, la tour Eiffel, la muraille de Chine...

Eh bien, le gouvernement Couillard, par l’entremise de son ministre des Finances Carlos­­ Leitao, vient de réussir un coup encore plus incroyable, encore plus spectaculaire.

Il a fait disparaître... quelque chose qui n’existait pas!

DAVID COPPERFIELD EST JALOUX

En effet, après avoir répété à de nombreuses reprises qu’il était faux, absolument faux que les agents du ministère du Revenu devaient respecter des quotas de cotisation (aussi connus sous le joli nom «d’objectifs chiffrés de récupération fiscale»), voilà que le ministre­­ Leitao vient de mettre fin à ces quotas!

Imaginez: il a fait disparaître une chose qui n’a jamais existé!

Faut le faire, non?

C’est comme si votre blonde vous demandait: «Es-tu fidèle?» et que vous répondiez: «Je suis le gars le plus fidèle au monde, chérie! La preuve­­: non seulement je ne t’ai jamais­­ trompé, mais je vais même arrêter­­ de voir ma maîtresse!»

Vraiment, je me demande comment le ministre a réussi cet exploit.

Car pour faire disparaître quelque chose, encore faut-il que la chose existe­­!

Pourriez-vous vider une bouteille vide? Ou assécher une rivière sèche?

Bien sûr que non. C’est matériellement impossible.

Mais au ministère du Revenu, on a réussi.

À mon humble avis, c’est le plus gros tour de passe-passe métaphysique depuis l’Immaculée Conception.

LE « PIZZO »

Si monsieur Leitao est capable de faire disparaître quelque chose qui n’existe pas, peut-être pourra-t-il effectuer­­ d’autres miracles, qui sait?

Comme faire en sorte que les agents du ministère du Revenu respectent la présomption d’innocence, qui est à la base de notre société.

Ça serait chouette...

Car présentement, je pense que je préférerais devoir de l’argent à un shylock plutôt qu’au ministre du Revenu­­.

Au moins, avec un shylock, tu peux t’arranger. Alors qu’avec les agents du ministère, comme le démontrait la série d’articles que nous avons publiés ces derniers jours, c’est «Paie ou crève».

Cela dit, à la décharge des agents: comment peut-on les blâmer de se comporter comme des extorqueurs? C’est ce qu’on leur demande: utiliser tous les moyens mis à leur disposition afin de rapporter le maximum de fric dans les coffres de l’État.

Car il ne faut pas se leurrer: la mission­­ de Revenu Québec n’est pas d’appliquer de façon neutre et objec­tive la loi fiscale, mais bien de presser le citron des contribuables.

Si tu ne paies pas ton «pizzo» à la mafia, la mafia va incendier ton commerce­­.

Si tu ne paies pas ton «pizzo» à l’État, l’État va te mettre en faillite. Surtout si tu es un petit joueur qui n’a pas les moyens de cacher son argent dans un paradis fiscal ou de se payer une armée d’avocats.

Chacun sa façon de percevoir son dû.

Vous en voulez, des programmes sociaux­­ chromés?

Eh bien, sortez votre chéquier et crachez!