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Virage mal compris

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Le comportement délinquant que j’observe le plus souvent, sur nos routes, ce sont les gens qui ne comprennent rien aux règles du virage à droite au feu rouge.

C’est un classique. Quand je reviens en auto du centre-ville pour tourner à droite sur pont Drouin vers Limoilou, les voitures arrivant du nord sur les voies rapides de Laurentien pour aller dans la même direction roulent parfois très vite en prenant leur virage très large. Aussi, je ne tourne jamais sur le feu rouge à cet endroit-là, même si c’est permis.

Une fois sur deux, j’ai un taupin en arrière qui klaxonne. Il n’est pas au courant que la manœuvre est facultative.

Vie de piéton

De même, je ne compte plus les fois où, en marchant, on m’a coupé le chemin ou j’ai manqué de me faire frapper par une auto tournant à droite sur un feu rouge. Soit le conducteur ignore tout simplement que les piétons conservent la priorité, soit il est tellement occupé à guetter sa chance sur sa gauche qu’il ne vérifie pas sur sa droite avant de tourner.

On voit ça tous les jours, dans les rues de mon quartier. Ces virages génèrent un paquet de comportements discourtois, et ce, même aux intersections où ils ne sont pas permis.

Et on ne parle pas encore de ceux qui tournent sans d’abord effectuer leur arrêt obligatoire.

Un bilan

Le virage à droite sur feu rouge est en implantation depuis 2003 au Québec. Comme tout le monde, j’aime gagner quelques secondes à l’intersection. Je conserve ce petit sentiment de privilège retrouvé chaque fois que je l’exerce.

Si on a constaté qu’il causait beaucoup d’accidents — et même quelques décès — jusqu’en 2010, on a mesuré au début de la présente décennie une diminution notable des incidents, notamment au moyen d’une surveillance policière accrue.

Cela dit, en préparant ce papier, j’ai cherché des données et je n’ai rien trouvé de plus récent que 2012. Avec tout ce que je vois chaque jour, je serais curieux de savoir où on est aujourd’hui.

Tous piétons

Il serait bien qu’on refasse un bilan de l’application des règles du virage à droite au feu rouge. Je ne propose pas de l’abolir, mais il m’apparaît clair qu’il est assez mal compris par un nombre assez élevé de personnes pour devoir être expliqué à nouveau et peut-être restreint. Les policiers pourraient également être plus vigilants.

Nous sommes tous piétons, à tout le moins à l’occasion. Même en voiture, il faut toujours bien marcher pour passer du bureau, du resto ou du magasin à celle-ci.

Ainsi, personne ne devrait trouver normal que ce soient ceux qui sont à pied qui doivent faire preuve de plus de prudence que ceux qui conduisent l’auto. Les marcheurs n’écrasent pas les gens.