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Les Blue Jays en vacances

Les Indians accèdent à la Série mondiale après une victoire de 3 à 0 au cinquième match de la série

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TORONTO | Le fameux moment des Blue Jays n’a pas duré plus de neuf matchs en octobre. Les Indians sont venus à bout de l’équipe torontoise en cinq rencontres grâce à une victoire de 3 à 0, hier au Centre Rogers.

Ayant vu le jour en 1901, la tribu de Cleveland accède donc à la Série mondiale pour la sixième fois de son histoire. Elle aura donc la chance de mettre un terme à une longue disette de 68 ans, elle qui l’a remporté la dernière fois en 1948, 28 ans après la conquête de 1920.

Les lanceurs de Terry Francona ont poursuivi dans la même veine. Ils ont muselé la solide attaque de John Gibbons. Ceux-ci ont été limités à six coups sûrs, hier. La foule n’a pas fêté comme la veille. Les 48 800 spectateurs ont vu leurs favoris menacer à deux reprises en quatrième et sixième manche, mais Edwin Encarnacion et Josh Donaldson ont frappé chaque fois dans des doubles jeux et bousillé de belles opportunités.

Merritt solide

À son deuxième départ en carrière dans les Ligues majeures, son premier en série, le jeune lanceur gaucher âgé de 24 ans, Ryan Merritt, a effectué tout un travail au monticule. Si la figure de proue de l’attaque torontoise, Jose Bautista, a déclaré avant-match que Merritt tremblerait de peur devant son équipe, le jeune homme a livré la marchandise avec brio. À ses quatre manches de travail, il a limité les cogneurs adverses à deux petits coups sûrs en plus d’en retirer trois sur des prises à ses 49 tirs.

«J’ai entendu son commentaire, mais il ne m’a pas déconcentré, a admis celui qui comptait seulement quatre présences au monticule derrière la cravate depuis son arrivée des Clippers de Columbus dans les ligues mineures.

«J’étais nerveux en première manche et la confiance est revenue par la suite, a souligné celui qui a expédié son équipe en Série mondiale. Je savais que je pouvais retirer ces gars et nous avons pris une avance rapidement. Ça m’a permis de relaxer sans essayer de trop en faire.»

En effet, il n’avait même pas lancé sa première balle que ses coéquipiers lui avaient offert un petit coussin d’un point. À la suite d’un simple, le rapide Francisco Lindor a croisé le marbre sur un solide double de Mike Napoli. Deux manches plus tard, Carlos Santana a frappé son premier circuit contre les Jays cet automne.

Et le vétéran Coco Crisp l’a imité avec une longue balle dans la droite pour assommer les spectateurs déjà silencieux au Centre Rogers. C’en était fait des geais bleus.

Attaque en panne

Ceux-ci ont donc volé à basse altitude dans cette deuxième présence de suite en série de championnat de la Ligue américaine. Les lanceurs des Indians les ont limités à huit points et 34 coups sûrs.

«Il n’y a aucun doute que leurs lanceurs ont fait tout un travail, a admis le gérant des Jays John Gibbons. Ce n’est pas le moment de chercher des coupables. Les gars ont fait un travail incroyable toute la saison pour se rendre à cette étape. Ceux qui ont vu les matchs ont pu observer ce qui s’est produit.»

Les Bautista, Encarnacion, Martin et Pillar se sont montrés bien silencieux au bâton. Josh Donaldson, le joueur le plus utile à son équipe l’an dernier, a par contre été fidèle à sa réputation en menant l’attaque.

«C’était toute une bataille durant toute la série. Ils nous ont réduits au silence et ils sont maintenant qualifiés à la Série mondiale», a résumé Gibbons.

«Ils devaient bien lancer pour nous battre, sinon nous pouvions capitaliser. Ils ne devaient pas faire d’erreurs et ils ont réussi», a fait remarquer le receveur Russell Martin qui a encore mis une croix sur une participation en Série mondiale à sa neuvième année en éliminatoires.

«Je suis déçu du résultat, mais je ne peux pas être déçu des gars dans ce vestiaire. Je sais la somme de travail et les sacrifices que nous avons mis pour se rendre jusqu’en ici, a mentionné Donaldson. Ce qui est difficile à concevoir, c’est que nous n’avons pas réalisé notre objectif principal. Ce n’est pas évident à avaler. Quand on tombe à court, ce n’est jamais agréable.»

Si Merritt a connu une journée de rêve, le lanceur partant des Jays Marco Estrada a encore mordu la poussière devant les Indians, lui qui avait perdu le premier match de ce duel au sommet dans l’Américaine. En six manches, il a concédé trois points sur cinq coups sûrs.

Le temps des grandes décisions a sonné chez les Jays. Pourront-ils conserver les services de Bautista et Encarnacion? À suivre...

Scénario digne d’Hollywood pour Merritt

Il flottait une intense odeur de champagne, de bière et de cigares dans le vestiaire des champions de la Ligue américaine après le match.

Les bouteilles de bulles et les canettes de houblon se promenaient de mains en mains. C’était la fête chez les Indians qui n’ont pas accédé à la grande messe du baseball majeur depuis 1997, année où ils ont échappé le trophée dans le match ultime face aux Marlins de la Floride.

Même s’ils forment une famille solidement unie, un nom revenait sur toutes les lèvres: Ryan Merritt.

«Il nous a donné toute une performance. Il a été parfait à son deuxième départ en carrière dans cette ligue, c’est incroyable, a s’est exclamé Jason Kipnis à propos de son jeune lanceur. C’est un scénario digne d’un film.

«Il faut refaire Ligues Majeures, a-t-il souhaité à la blague. Je donnerai le rôle principal de Merrit à Channing Tatum.»

«Ce qu’il a accompli est énorme, a ajouté le vétéran Mike Napoli qui en sera à une deuxième participation à la Série mondiale, lui qui porte la bague de 2007 des Red Sox de Boston. Nos releveurs ont été surtaxés. Il a relevé le défi.»

Merritt s’est présenté sur le monticule sans complexe avec l’appui inconditionnel de toute l’équipe. Le gérant Terry Francona lui a témoigné sa pleine confiance dans une courte réunion.

«Ce qu’il a fait était au-delà son expérience, a applaudi Francona qui compte deux bagues de la Série mondiale. Je voulais qu’il lance comme il est capable, car c’était toute une commande dans les circonstances. Il a lancé des prises, même avec une rapide à 85 milles à l’heure. Il ne s’est pas laissé influencé par le bruit et la foule. Il a été phénoménal.»

Francona a aussi tenu à féliciter les Blue Jays pour leur performance. Son homologue John Gibbons a également lancé des fleurs au partant. «Il a fait un excellent boulot. Il a joué avec le feu. Ce n’était pas une commande facile. Chapeau!», a-t-il aussi applaudi.

Le releveur de 31 ans des Indians, Andrew Miller, a hérité du titre du joueur le plus utile à son équipe en séries alors qu’il a montré une fiche parfaite en sept manches de travail.