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Procès Boulachanis: le complice sous la loupe de la défense

FD-JOHN BOULACHANIS
illustration d’archives, Delf Berg

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Le complice d’un meurtrier allégué est non seulement un menteur, mais il pourrait aussi être celui qui a véritablement tué Robert Tanguay en 1997, a suggéré la défense ce mercredi.

Max admet avoir de nombreux antécédents judiciaires, dont un de séquestration sur une fille de 14 ans. Il admet aussi avoir menti aux policiers qui enquêtaient sur la disparition de Robert Tanguay.

«J’ai menti (aux policiers, à l’époque) sur toute la ligne, je ne voulais pas aller en prison pour 25 ans», a dit Max en contre-interrogatoire, au procès de John Boulachanis pour meurtre prémédité.

Max est un nom fictif, puisque le juge Michael Stober a interdit la publication du nom du témoin.

Tué et enterré

Lors de son témoignage en chef, Max avait raconté le meurtre de Robert Tanguay, le 9 août 1997. Selon sa version, il faisait partie d’un groupe de voleurs de voiture avec Tanguay et Boulachanis. Or, ce dernier aurait appris que Tanguay voulait les dénoncer.

Sous la direction de Boulachanis, Max et un autre complice auraient alors préparé un plan pour éliminer le potentiel délateur. Après avoir creusé un trou dans une carrière de sable à Rigaud, le groupe aurait amené Tanguay sur place en utilisant un prétexte pour abattre la victime, avant de l’enterrer.

Selon Max, Boulachanis était le tireur.

Le corps a été retrouvé quatre ans plus tard. Max avait plaidé coupable d’homicide involontaire, ce qui lui avait valu une peine de 12 ans de pénitencier au début des années 2000.

Le procès de Boulachanis, lui, a commencé il y a seulement quelques semaines.

Tireur

Or, Me Marc Labelle de la défense a suggéré que Max aurait bien pu être le tireur, ce que le témoin a réfuté.

L’avocat, qui tente de miner la crédibilité de Max, a également rappelé que le témoin avait déjà menti aux autorités dans le passé. Lorsque Tanguay avait été porté disparu, Max avait fait une déclaration aux policiers où se mêlaient vérités et mensonges.

Évidemment, Max n’avait pas révélé que le disparu avait été abattu. Il avait plutôt déclaré que Tanguay était «peut-être parti avec des danseuses» aux États-Unis.

«Ça ne vous fait rien de mentir?» a demandé Me Labelle au témoin.

«À ce moment-là, non», a répondu Max.

Le procès, présidé par le juge Michael Stober, se poursuit cet après-midi, au Centre judiciaire Gouin à Montréal.