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Un ancien médecin radié qui a continué à pratiquer se défend en cour pénale

L’ancien ophtalmologiste Hachmi Hammami fait face à 13 constats d’infraction pénales d’exercice illégal de la médecine.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin L’ancien ophtalmologiste Hachmi Hammami fait face à 13 constats d’infraction pénales d’exercice illégal de la médecine.

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Un ancien ophtalmologiste radié à vie par le Collège des médecins, et qui a continué à pratiquer illégalement à Valleyfield, pourrait être condamné à payer jusqu’à 172 000 $ d’amendes.

«Ce procès-là n’a aucun sens», a plaidé M. Hachmi Hammami, hier, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

«La disproportion est inacceptable», a répété celui qui se «considère comme mort».

Plusieurs amendes

Âgé de 78 ans, l’homme fait face à 13 constats d’infractions pénales d’exercice illégal de la médecine déposés par le Collège des médecins du Québec (CMQ), en février et mars 2015.

S’il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à payer jusqu’à 172 305 $ d’amendes. Le Collège reproche à M. Hammami d’avoir diagnostiqué et prescrit des médicaments à des patients.

Les démêlés de l’homme d’origine tunisienne avec la justice remontent à 2013, après qu’il eut été condamné à huit mois de prison pour fraude bancaire. M. Hammami avait prétendu vouloir acheter de l’équipement médical.

En raison de ce passé criminel lié à sa pratique, le Collège l’a radié provisoirement en décembre 2014, en attendant l’audience en discipline. Or, l’ex-ophtalmologiste a continué à traiter des gens.

Plusieurs signalements

Selon le syndic du CMQ, il faisait payer jusqu’à des centaines de dollars aux patients, en leur promettant qu’ils seraient remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec, ce qui est faux.

En 2015, une vingtaine de signalements de pharmaciens ont été reçus au CMQ pour dénoncer le fait que M. Hammami voyait encore des patients.

Malgré des avis publics et des injonctions, il a continué à pratiquer. En juillet dernier, le Collège a révoqué pour de bon son permis.

Hier, M. Hammami n’a pas caché qu’il avait continué à voir des patients, et a expliqué que c’était «un moyen de survie» pour payer ses biens essentiels.

Il a toutefois dit au juge qu’il ne pratique plus depuis juin dernier, parce qu’il a été évincé de sa clinique.

« Misère totale »

«C’est un million de dollars que j’ai perdus. [...] Je me trouve jeté dans la misère totale.» Il s’est aussi dit victime d’une «injustice».

«On me radie pour le reste de ma vie. Il y a quand même une différence entre quelqu’un qui provoque la mort par négligence, et quelqu’un qui n’a rien fait de grave. Il n’y a rien qui menace qui que ce soit dans la population. La disproportion est énorme», insiste-t-il.

Hier, deux témoins du Collège (un pharmacien et une agente d’investigation) ont relaté des faits qui montrent que l’homme pratiquait illégalement.

Le juge a pris la cause en délibéré et rendra sa décision sur culpabilité le 17 novembre prochain.

Ce qu’il a dit

« Avec une radiation sans réserve monétaire,
du jour au lendemain, je ne pouvais plus
aller faire mon épicerie. Je n’avais pas le
choix, je dois payer le loyer, les choses
essentielles à la vie. Si je n’avais pas fait ça,
je ne sais pas comment m’en tirer. »

« Le Collège me radie pour l’éternité.

[...] C’est quoi le problème du Collège des

médecins? [...] Il y a une amplification. »

« Ce n’est pas parce qu’on vient de me radier
que j’ai perdu toutes mes capacités. »