Un comité suggère d’augmenter de 50 % l’immigration
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S’il souhaite maintenir son économie, le Canada n’a d’autre choix que d’augmenter de 50 % le nombre d’immigrants qu’il accueille chaque année d’ici cinq ans.
C’est du moins l’avis d’un groupe de sages formé par le ministre fédéral des Finances l’hiver dernier, qui a déposé jeudi ses premières recommandations. Le Canada a accueilli plus de 320 000 immigrants en 2015-2016, un record. La mesure porterait le nombre à quelque 450 000 nouveaux arrivants annuellement en 2021.
Sans cet apport de sang neuf sur le marché du travail canadien, le vieillissement de la population ainsi que le nombre insuffisant de travailleurs qualifiés risquent de placer l’économie canadienne en mauvaise posture, croit le Conseil consultatif en matière de croissance économique.
«L’augmentation des niveaux d’immigration va contribuer à une accélération de notre niveau de croissance économique», a expliqué un des experts, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia. «Une augmentation de la main-d’œuvre va augmenter le niveau de productivité. La logique est assez simple», a-t-il ajouté.
Dans un monde idéal et à plus long terme, Ottawa devrait même doubler son seuil d’immigration, selon les 14 personnalités dont la tâche consiste à fournir au ministre des Finances, Bill Morneau, des avis sur l’avenir économique du pays.
« Énorme »
Au sein du gouvernement Trudeau, la proposition a été accueillie avec prudence. Le ministre de l’Immigration, John McCallum, a qualifié la hausse de 50 % d’ici 5 ans «d’énorme». «J’ai eu des consultations à travers le pays au cours de l’été et beaucoup des gens veulent plus d’immigration, pas nécessairement un chiffre aussi grand que ça, mais dans le sens d’une hausse», a-t-il indiqué.
En mêlée de presse à Brampton, jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a laissé entendre que le Canada a encore «beaucoup à faire pour améliorer notre système d’immigration pour nous permettre d’amener plus de gens».
Le gouvernement fédéral doit annoncer le 1er novembre prochain sa cible d’immigration pour l’année 2017.