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Les femmes et le viol

sad woman sitting alone in a empty room - black and white
Photo Fotolia Les femmes qui ont expérimenté les violences seront marquées pour la vie. Avec le dégoût, la honte et la culpabilité rattachés à l’expérience.

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C’est d’abord une affaire de femmes que cette peur du viol. Et cela ne s’apprend pas, ça se ressent.

Cela commence dans l’enfance. Les petites filles découvrent tôt que des hommes à l’air gentil qui s’intéressent à elles, alors qu’en général les adultes ignorent les enfants, peuvent poser leurs mains ailleurs que sur leurs joues.

Peu de petites filles ont échappé aux mains baladeuses d’un oncle, d’un cousin, d’un voisin. La peur creuse son nid en elles pour la vie. On pourrait appeler cela l’étape du nid de peur.

À l’adolescence, ça se corse, car les jeunes filles s’exposent. Elles se laissent approcher, caresser, embrasser par des garçons dont elles ne cernent pas bien les motivations tant elles ont des regards enamourés pour eux. On leur apprend à se méfier des hommes.

Le problème pour elles, c’est croire qu’en particulier elles sont libres de se comporter comme elles le désirent et qu’en principe elles sont les égales des garçons.

Naïveté alarmante

Grave erreur! En pratique, elles sont des cibles potentielles pour tous les prédateurs, les beaux parleurs, les voyous qui les attirent tant.

C’est bien connu, les gentils garçons n’ont pas la cote avec les adolescentes à la recherche d’émotions fortes. Dans leur incommensurable naïveté et leur besoin d’amour, elles exposent leur nudité sur internet et les plus affirmées se croient invulnérables. Jusqu’au moment où un salaud se servira de sa force physique dont on oublie qu’elle est encore réservée aux garçons pour les soumettre à leurs pulsions.

Les adolescentes se laissent porter par le discours égalitaire. Elles croient que leur corps leur appartient même lorsqu’elles le partagent volontairement.

Elles croient aussi, en principe évidemment, que dans des ébats consentis, quelle que soit l’étape, elles peuvent se soustraire aux gestes évolutifs. Elles oublient que leurs partenaires risquent dans environ 30 % des cas de passer outre et de les violer.

Celles qui ont expérimenté ces violences seront marquées pour la vie. Avec le dégoût, la honte et la culpabilité rattachés à l’expérience. C’est l’étape de consolidation de la peur.

La peur latente

À l’âge adulte, la plupart des femmes ont accumulé des agressions sexuelles plus ou moins traumatisantes. Elles apprennent à vivre avec une peur latente, enfouie en elles et qui refait surface selon les circonstances.

Une femme qui se balade seule le soir dans une ville étrangère est une inconsciente. Une femme qui accepte de rejoindre un inconnu dans sa chambre prend des risques. Celle qui s’enivre toute seule jusqu’à plus soif dans un bar prête flanc aux prédateurs qui l’entourent.

Il ne s’agit pas de culpabiliser les femmes, mais de les conscientiser. Il faut cesser de clamer qu’en principe elles sont les égales des hommes quant à l’activité sexuelle alors que ce sont les femmes qu’on viole sauf exception.

N’importe quelle femme est susceptible d’être agressée par un prédateur. En fait, aucune femme, aussi forte et puissante soit-elle socialement, n’échappe à la loi de son sexe, qui est d’avoir peur sans protection masculine.

Seule la répression sociale à l’endroit des hommes violeurs ou agresseurs, doublée d’une pédagogie dès l’enfance des petites filles, atténuera ce fléau.

Car le mal existe et les mâles malades des femmes ne sont pas près de disparaître.