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Il faut aider les camionneurs touchés

Un couple de Bellechasse estime que les victimes d’une tragédie routière sont laissées à elles-mêmes

Kareen Lapointe et Patrick Forgues n’hésitent pas à communiquer avec les camionneurs impliqués dans les tragédies routières, afin de les inciter à aller chercher de l’aide.
Photo Stevens LeBlanc Kareen Lapointe et Patrick Forgues n’hésitent pas à communiquer avec les camionneurs impliqués dans les tragédies routières, afin de les inciter à aller chercher de l’aide.

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Une femme de Bellechasse, dont le conjoint souffre d’un syndrome de stress post-traumatique à la suite d’un accident de la route en 2013, se sert de l’épreuve qu’ils ont traversée pour venir en aide aux conducteurs de poids lourds, victimes d’une tragédie routière.

En 2013, la vie de Kareen Lapointe et de son conjoint, Patrick Forgues, a été complètement chamboulée. Alors que M. Forgues conduisait son camion de type 53 pieds, un homme s’est jeté devant le véhicule pour mettre fin à ses jours. L’événement est survenu en février sur l’autoroute 40, à Portneuf.

«Je me suis retrouvée avec un conjoint que je ne reconnaissais plus», lance Mme Lapointe. Malgré les bons soins et le diagnostic rapide d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT), l’ancien camionneur s’est mis à boire de l’alcool et est tombé en dépression.

Laissés à eux-mêmes

C’est en tentant d’aller chercher de l’aide auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), que Mme Lapointe s’est aperçue qu’il n’y avait aucun outil précis pour soutenir les camionneurs et leur famille. Depuis, chaque fois qu’elle et son conjoint apprennent qu’un camionneur est impliqué dans une tragédie, ils le contactent pour l’aider.

«On ne sait plus à quelle porte cogner. Le SSPT, ce n’est pas connu, à part chez les militaires.»

Pourtant, les chauffeurs de véhicules lourds ayant subi un traumatisme et qui ne sont pas traités peuvent être dangereux, selon elle. «Mon conjoint a tenté un retour. Les deux mois que ç’a duré, il y a des semaines complètes dont il n’a plus souvenir», fait-elle remarquer.

«Ton corps fonctionne, mais pas ta tête. Le niveau de danger est très présent», ajoute M. Forgues.

L’accident survenu à Charlevoix la semaine dernière, et qui a coûté la vie à un enfant de cinq ans, n’est pas sans raviver les souffrances de M. Forgues. «C’est beaucoup d’anxiété, de la panique. Tu regardes les photos de l’accident et tu es capable, avec une certaine déduction, de comprendre ce qui s’est passé», croit-il.

Un réseau provincial

Avec le concessionnaire Kenworth Québec inc et le Réseau Sagesse, Mme Lapointe est à développer un protocole d’intervention. Elle souhaite éventuellement créer un réseau de partenaires à travers la province. Avec ses partenaires, elle souhaite que la CNESST et les employeurs s’impliquent activement dans la sensibilisation au SSPT et que le rôle du conjoint ou de la conjointe soit reconnu dans le processus de traitement.

 

Quelques ressources d’aide pour les camionneurs :

  • Réseau Sagesse
  • Traumatys
  • 1-888-Appelle
  • CNESST et CLSC
 

Quelques symptômes du SSTP

  • Flashs-back de l’événement traumatisant
  • Isolement
  • Stress et anxiété
  • Hypervigilence
  • Idées noires
  • Toxicomanie