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Radicalisation violente dans les Cégeps du Québec: la détresse en cause

Selon un sondage mené au sein de huit cégeps du Québec, la radicalisation dans les collèges n’est que la «pointe de l’iceberg» d’une détresse bien plus profonde.
Photo 24 Heures, Camille Gaïor Selon un sondage mené au sein de huit cégeps du Québec, la radicalisation dans les collèges n’est que la «pointe de l’iceberg» d’une détresse bien plus profonde.

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C’est l’importante détresse vécue par les jeunes qui amènerait certains à se radicaliser, selon une récente étude, un phénomène qui demeure toutefois marginal.

Selon un sondage mené au sein de huit cégeps du Québec, la radicalisation dans les collèges n’est que la «pointe de l’iceberg» d’une détresse bien plus profonde.

«La radicalisation violente est un problème important, mais demeure un phénomène minime», confirme Cécile Rousseau, directrice scientifique du centre de recherche SHERPA de l’Institut Université et coauteure de l’étude sur les déterminants individuels et violents du soutien à la radicalisation violente chez les collégiens du Québec, rendue publique mardi matin.

«Par contre, la détresse est élevée, poursuit-elle. On a 20 % de répondants avec un niveau de dépression clinique, et c’est cet état de dépression qui peut amener à des comportements violents ou des solutions plus radicales.»

 

La religion comme protecteur

Selon un sondage mené au sein de huit cégeps du Québec, la radicalisation dans les collèges n’est que la «pointe de l’iceberg» d’une détresse bien plus profonde.
Photo 24 Heures, Camille Gaïor

Si l’anxiété est un facteur de radicalisation, la religion peut aider la personne à passer à travers des moments difficiles et donc les protéger face aux idées radicales.

Selon ce rapport, les personnes ne se réclamant pas d’une religion, les étudiants originaires du Québec ou les migrants de 2e génération ont plus de risque de se radicaliser que les personnes ayant une religion ou les immigrants de 1ere génération.

«Ce n’est ni un problème de religion ni d’immigration et tous les acteurs sociaux et de sécurité devraient être conscients de cela pour éviter le profilage», poursuit la professeure à l’université McGill.

 

Manque d’argent

 De gauche à droite, Stéphane Godbout, directeur du Collège de Rosemont, Habib El-Hage, intervenant social au Collège de Rosemont, Cécile Rousseau, directrice scientifique du centre de recherche SHERPA de l’Institut Université et Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.
Photo 24 Heures, Camille Gaïor
De gauche à droite, Stéphane Godbout, directeur du Collège de Rosemont, Habib El-Hage, intervenant social au Collège de Rosemont, Cécile Rousseau, directrice scientifique du centre de recherche SHERPA de l’Institut Université et Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.

Si les chercheurs recommandent plus d’encadrement et de ressources psychosociales dans les Cegeps à la Fédération, on dénonce le manque de budget.

«On a vécu 7 compressions en 5 pour un total de 157 millions de dollars, et même si on a eu un léger réinvestissement dans le dernier budget, lorsqu’on vit des compressions c’est les services autour de l’étudiant qui en souffrent, dont l’aide psychosocial», a souligné Bernard Tremblay, de la Fédération des cégeps.

Rappelons qu’un projet pilote est actuellement en cours dans le collège de Maisonneuve, qui grâce à une aide de 400 000 $ pour un an a embauché 3 travailleurs de corridors à temps plein, un psychothérapeute en plus de ressources pour le personnel.

Le sondage électronique a été diffusé via l’intranet des collèges André-Laurendeau, Jonquière, Maisonneuve, Montmorency, Rosemont, Sainte-Foy, Saint-Laurent et Vanier durant l’hiver et le printemps dernier et 1894 jeunes y ont répondu.