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Dur coup pour l’éolien en Gaspésie

Éoliennes en Gaspésie
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GASPÉ | L’industrie éolienne en Gaspésie s’inquiète de voir Hydro-Québec miser sur un autre projet de mégabarrage hydroélectrique après 2020.

Mercredi, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, affirmait que la société d’État souhaite lancer un nouveau mégaprojet hydroélectrique une fois que la construction de La Romaine sera terminée en 2020. En Gaspésie, cette annonce a été accueillie froidement puisque l’on estime qu’Hydro-Québec pourrait ainsi délaisser l’éolien.

«C’est 5000 emplois, dont 1200 en Gaspésie. S’il n’y a pas de nouveaux appels d’offres dans l’éolien, ça va freiner la croissance et c’est sûr qu’il y a une grosse partie de l’expertise qui va disparaître», explique Dave Lavoie, directeur du Créneau d’excellence en éolien à Gaspé. Ce dernier demeure optimiste, mais concède que les trois prochaines années seront critiques.

Le plus étonnant, croit M. Lavoie, c’est de miser sur les barrages alors que «l’éolien est appelé à devenir moins coûteux que l’hydroélectricité».

Difficile à justifier

Un nouveau mégabarrage est difficile à justifier, estime Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. «C’est difficile de comprendre pourquoi Hydro-Québec continue à parler de nouveaux barrages dans les conditions actuelles, a-t-il expliqué. Ce matin, on apprenait qu’Hydro-Québec n’a pas été retenue pour des contrats de vente en Nouvelle-Angleterre. Ça montre qu’il reste des défis pour vendre notre hydroélectricité ailleurs.»

Un avis que partage Jean-Thomas Bernard, professeur d’économie à l’Université d’Ottawa. «Ça fait des années qu’on dit qu’il y aurait un marché pour de l’électricité renouvelable dans le nord-est américain. Ça n’a pas été le cas, alors pourquoi le serait-ce dans huit ou dix ans? On n’a pas d’indications à cet effet-là», dit-il.

Le maire de la municipalité de Gros-Mécatina en Basse-Côte-Nord où coule une rivière qui intéresse Hydro-Québec pour son prochain mégaprojet, Randy Jones, réagit avec prudence.

«On nous promet le prolongement de la Route et du développement depuis toujours. La priorité, c’est de finir la Route 138. J’ai appuyé Hydro-Québec une fois contre les Innus pour le barrage au lac Robertson. Cette fois, Blancs et Innus seront unis en Basse-Côte-Nord. Hydro-Québec devra faire les choses avec le milieu», a-t-il indiqué.