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Des sources anonymes importantes

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La complicité et la sécurité des sources anonymes sont essentielles au travail journalistique, estime Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

«C’est suprême, dit-il. Sans ces sources, c’est tout le public qui serait pénalisé. On serait moins bien informé et ça prendrait plus de temps avant que la vérité sorte.»

La protection des sources est donc primordiale, soutient-il, d’autant plus que les «siffleurs d’alertes» craignent souvent d’éventuelles représailles de leurs employeurs. «C’est notre responsabilité de protéger nos sources. Et quand, en dépit de toutes les précautions qu’on prend, on se fait espionner par la police à notre insu, c’est doublement fâchant», souligne M. Roy.

Voici des exemples de dossiers qui n’auraient peut-être jamais vu le jour sans la collaboration de sources confidentielles.


L’inspecteur-chef Costa Labos rétrogradé

Costa Labos
Photo d'archives
Costa Labos

Notre Bureau d’enquête révélait en juin que l’inspecteur-chef aux affaires internes du SPVM, Costa Labos, faisait l'objet d'une enquête criminelle. Malgré qu’aucune accusation n’ait été déposée contre l’inspecteur, il a été muté à d’autres fonctions cette semaine.

Fuites d’infos  au SPVM
Ian Davidson
Photo d'archives
Ian Davidson

En janvier, notre Bureau d’enquête avait reçu des informations concernant une importante fuite d’informations au SPVM. Le sac du haut gradé Patrice Vilceus, contenant des dossiers d’informateurs de police et d’enquêtes en cours, a été dérobé dans sa voiture alors qu’il assistait à un party de bureau. C’est aussi une source qui avait permis aux journalistes de dévoiler l’histoire du policier Ian Davidson qui avait tenté de vendre à des organisations criminelles la liste confidentielle des 1500 informateurs fichés à la police.

Tuiles à  800 000 $

Grâce à la collaboration d’une source, notre Bureau d’enquête avait révélé l’an dernier que la Ville de Montréal s'apprêtait à payer 16 fois trop cher pour le remplacement des tuiles des arches du quartier chinois, soit jusqu'à 800 000 $ plutôt qu'un peu plus de 50 000 $. Le Bureau de l'inspecteur général de Montréal a fait enquête.

Commission  Charbonneau
Juge Charbonneau
Photo d'archives
Juge Charbonneau

Cette vaste commission d’enquête sur la collusion et la corruption dans l’industrie de la construction, créée en 2011 par Québec, n’aurait probablement jamais vu le jour sans la participation de dizaines de sources anonymes.

Scandale des commandites

Le scandale des commandites a éclaté au grand jour au cours des années 2000 grâce aux informations de «MaChouette», une source travaillant vraisemblablement au sein du gouvernement fédéral. Le journaliste Daniel Leblanc échangeait avec elle exclusivement par courriel et ne l'a jamais rencontrée en personne durant l'enquête.

Watergate

Sans doute l’exemple le plus célèbre pour illustrer l’importance des sources anonymes dans le monde journalistique. Un mystérieux informateur, surnommé «Deep Throat», avait permis à des journalistes du Washington Post de révéler une affaire d’espionnage politique qui a abouti à la démission du président américain Richard Nixon en 1974.