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Surveillance des journalistes par la police: Les Québécois dénoncent des pratiques policières inacceptables

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La surveillance des journalistes par la police est inacceptable, déplorent une forte majorité de Québécois qui réclament une enquête indépendante sur les pratiques policières à l’égard des reporters.

Selon les résultats d’un sondage Léger-Le Journal-TVA, près de trois Québécois sur quatre (72 %) trouvent inadmissible que le téléphone d’un journaliste soit placé sous surveillance policière et à peu près la même proportion (74 %) de la population estime qu’une enquête devrait être faite sur ce genre de pratiques.

Ligne franchie

«On a réellement franchi une frontière de ce que les Québécois n’aiment pas et ne peuvent pas tolérer», assure le vice-président exécutif et analyste de Léger, Christian Bourque.

Lundi, on apprenait que les communications et les déplacements du chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé avaient été espionnés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui cherchait à découvrir l’identité de certaines sources policières.

Selon Christian Bourque, il s’agit d’une nouvelle qui a fait le tour du Québec en très peu de temps. Au total, 83 % des répondants du sondage, dont plus de la moitié habitent en région, avaient entendu parler de l’histoire hier.

Chiens de garde

Selon le sondage, trois Québécois sur quatre estiment aussi que les journalistes ont un rôle de «chiens de garde» à jouer à l’égard des pouvoirs publics, comme le gouvernement, la police et les sociétés d’État.

«C’est rare qu’on voit un consensus aussi fort dans une société divisée comme le Québec, assure l’analyste. Les Québécois estiment qu’on a tenté de porter atteinte au rôle fondamental que les médias doivent jouer dans la société.»

Par ailleurs, quatre Québécois sur dix (38 %) étaient d’avis hier, avant même les dernières révélations faites en début de soirée, que le chef du SPVM, Philippe Pichet, n’avait plus la légitimité pour exercer ses fonctions.

«Disons que le chef de police part avec deux prises. La suite des choses nous en dira beaucoup sur la capacité qu’il aura de continuer à faire son travail. Il s’agirait qu’il y ait de nouvelles révélations pour voir un impact direct sur la perception qu’ont les Québécois de sa légitimité», estime M. Bourque.

Malgré tout, plus de la moitié des Québécois (63 %) croient que la presse d’ici est libre, un résultat comparable à ce que l’on observe en France (65 %). «Mais ce n’est pas un “oui” très enthousiaste», estime M. Bourque.

On peut selon lui présumer que ce qui est arrivé dans les derniers jours a nui à la perception qu’ont les Québécois de la liberté de presse.

D’ailleurs, trois Québécois sur quatre considèrent déjà que les récentes actions de la police remettent en cause cette liberté.