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Un patrouilleur sur cinq absent du travail pour des maux de dos

La position assise est en cause, selon une étude menée dans la dernière année

L’intégration d’ordinateurs dans les voitures peut expliquer pourquoi les policiers passent plus de temps en posture assise.
Photo d’archives L’intégration d’ordinateurs dans les voitures peut expliquer pourquoi les policiers passent plus de temps en posture assise.

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Plus d’un patrouilleur sur cinq au Québec a dû s’absenter du travail en raison de maux de dos dans la dernière année, notamment parce que les policiers passent de plus en plus de temps assis dans leur voiture.

«Ça, c’est sans compter ceux qui vivent avec la douleur sans s’absenter», lance Charles Côté, professeur en sciences de la santé à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Il présentera aujourd’hui les résultats d’une vaste enquête dans le cadre du Grand rendez-vous santé et sécurité du travail.

Son étudiante Nabiha Benyanina Douma a sondé plus de 3600 patrouilleurs de presque toutes les régions du Québec.

Les résultats révèlent que pendant la dernière année, plus de 20 % des patrouilleurs­­ ont déjà manqué au travail parce qu’ils souffraient de lombalgie, c’est-à-dire de douleurs au bas du dos.

Les quelque 2400 policiers qui ont dit en avoir souffert ont cumulé 14 000 jours d’absence pendant cette période, ce qui représente environ six jours par agent touché.

«Ça coûte très cher parce qu’il faut le remplacer tout en payant le policier absent», dit M. Côté.

Charles Côté, Professeur UQAT
Photo d'archives
Charles Côté, Professeur UQAT

90 % du temps assis

Une des raisons qui expliquent la fréquence de ce trouble est que les policiers passent plus de temps en posture assise. Il y a 10 ans, ils passaient 80 % de leur quart de travail assis. Ce chiffre grimpe maintenant à 90 %, indique-t-il.

«On ne tombe pas en bas de notre chaise du tout», s’exclame de son côté Pierre Veilleux, président de l’Association des policières et policiers provinciaux (APPQ). Les maux de dos font en effet déjà partie des trois principales problématiques de santé qui touchent ses membres, avec les blessures liées aux altercations et les problèmes de santé mentale, précise-t-il.

L’ordinateur en cause

«C’est sûr qu’avec les terminaux véhiculaires [ordinateurs], on sort moins souvent pour aller au poste. Avant, ça nous faisait bouger, alterner de position», explique M. Veilleux. D’autant plus que les habitacles des voitures tendent à rapetisser, dit-il.

Aussi, les agents portent de 10 à 13 livres d’équipement dans le ceinturon qu’ils ont autour de la taille.

«L’équipement s’est amélioré, mais on en porte de plus en plus. Bâton, menottes, taser, radio, arme de service», énumère M. Veilleux.

Selon lui, les corps de police auraient intérêt à faire plus de prévention et à continuer de travailler l’ergonomie des véhicules.

«Peut-être devrait-on donner des cours d’ergonomie à Nicolet [école de police] pour sensibiliser les futurs policiers», abonde M. Côté.