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L’orgasme féminin n’est pas que clitoridien ou vaginal

James Pfaus
Photo Dominique Scali Le professeur Jim Pfaus soutient que le plaisir des femmes dépend d’une combinaison de stimulations.

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Des chercheurs de l’Université Concordia qui se sont penchés sur l’orgasme féminin sont arrivés à la conclusion que les femmes ne sont pas toutes strictement clitoridiennes ou vaginales, mais que leur plaisir dépend d’une combinaison de stimulations.

«Certaines femmes peuvent avoir un orgasme si on leur stimule assez longtemps les seins, et même l’intérieur de l’oreille», rappelle Jim Pfaus, professeur de psychologie à l’Université Concordia et principal auteur de l’étude.

Un siècle de débat

Le chercheur, qui ne cache pas son excentricité ni son passé de musicien punk, a effectué une recension de toutes les études réalisées sur l’orgasme féminin. Son équipe s’est notamment penchée sur le débat qui oppose depuis un siècle les prêcheurs de l’orgasme clitoridien à ceux de l’orgasme vaginal.

Or, il faut mettre un terme à cette quête d’un lieu unique du plaisir féminin, plaide M. Pfaus. «Il n’y a pas d’orgasme féminin typique, alors pourquoi y aurait-il un seul endroit à stimuler pour l’atteindre?»

Avec l’expérience, la stimulation d’une ou plusieurs zones érogènes est intégrée dans un ensemble de sensations, de mouvements, de positions et de signaux reliés au contexte, explique-t-il.

Non seulement la stimulation du clitoris et du vagin peut mener à l’orgasme, mais c’est aussi le cas du pelvis, des lèvres et des mamelons, entre autres.

D’autant plus que le contexte dans lequel se passe le rapport sexuel vient aussi jouer un rôle.

«C’est le contexte qui induit l’excitation, et un orgasme qui arrive quand on est très excité est souvent plus intense que lorsqu’on est peu excité», illustre-t-il. Et cela vaut pour la femme comme pour l’homme.

Tout ramener à l’homme

Mais contrairement aux hommes, les femmes ont une remarquable variété d’expériences orgasmiques, révèle l’étude. L’orgasme féminin n’est donc pas une version différente de l’éjaculation masculine, plaide-t-il.

«Il faut arrêter de voir le clitoris comme un petit pénis, ou encore le vagin comme un pénis inversé.» Bref, de toujours ramener la sexualité féminine à un équivalent masculin, dit-il.

Au lieu de se demander quelle est la manière d’atteindre l’orgasme, comme le proposent souvent les magazines féminins, les femmes devraient plutôt se demander quelle est leur manière à elles de l’atteindre. «Et cela peut très bien changer avec le temps et les différents partenaires», conclut M. Pfaus.