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Les urgences toujours bondées

L’attente moyenne sur civière stagne à plus de 15 heures, un an après la mise en place de la réforme Barrette

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La durée moyenne de séjour sur civière dans les urgences varie selon les régions du Québec.
La durée moyenne de séjour sur civière dans les urgences varie selon les régions du Québec.

Un an après la mise en place de la réforme Barrette pour désengorger le réseau, les urgences des hôpitaux du Québec sont encore aussi bondées, et les délais toujours aussi longs.

«Les résultats attendus ne sont pas là, constate Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades. Ça tarde, la réforme Barrette, on ne voit pas encore la lumière au bout du tunnel, et c’est inquiétant.»

La durée moyenne de séjour* (DMS) sur civière dans les urgences du Québec stagnait à 15,3 heures (h) entre le 1er avril et le 17 septembre dernier, selon les données du ministère de la Santé (MSSS) obtenues par Le Journal.

Dans la région de Québec, l’hôpital Saint-François-d’Assise (CHUQ) obtient la pire attente, à 20 h.

À Montréal, l’attente moyenne atteint 17,2 h, soit légèrement plus que l’an dernier (17 h).

Trois hôpitaux de la grande région métropolitaine ont même des DMS qui dépassent les 24 h (Pointe-Claire, Valleyfield et Saint-Jérôme).

À la même période l’an dernier, la moyenne était de 15,4 h.

En cinq ans, une mince amélioration de 1,5 h a été notée (16,8 h en 2012).

Des coupes

Globalement, les urgences sont toujours aussi bondées, alors que 6286 personnes de plus que l’an dernier ont été inscrites, pour un total de 1,7 million de patients.

Pendant ce temps, l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ) déplore que plusieurs hôpitaux aient coupé des postes d’urgentologues, jusqu’à cinq dans la même urgence.

Ceci s’inscrit dans l’objectif de la loi 20 du MSSS (réforme Barrette), qui veut que les omnipraticiens quittent les urgences pour aller travailler en première ligne.

«C’est ce qui nous inquiète le plus. Des hôpitaux ont dû couper des quarts de travail sur la liste de garde, dit le Dr Mathieu, président de l’AMUQ. Ça va se répercuter sur le temps d’attente.»

Moins de médecins

Selon lui, ces réductions de postes ne devraient pas être faites avant que l’offre soit améliorée en première ligne.

«On met la charrue avant les bœufs, et on dit qu’il n’y aura pas de problèmes», déplore le Dr Mathieu.

«Ce n’est pas parce que tout le monde a un médecin de famille que les gens ne vont plus à l’urgence», ajoute-t-il.

À court terme, l’implantation des nouvelles supercliniques ouvertes les fins de semaine devrait aider à désengorger les hôpitaux.

* Temps passé sur civière avant qu’un patient soit transféré sur un étage ou obtienne son congé.