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Un homme passionné

Un homme passionné
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Jacques Grand-Maison fut mon ami pendant 45 ans. Ce prêtre sociologue a incarné le meilleur de l’héritage culturel du Québec catholique.

C’était un intellectuel aux qualités de coeur et d’esprit. Cet homme sérieux aimait rire. À tous égards, il était exceptionnel. Ce prêtre était sans préjugés, ouvert, habité par le doute, donc anti dogmatique.

C’était un homme de foi sans les travers de la religiosité. Il a refusé d’accéder au statut d’évêque étant incapable de défendre en conscience la position de l’Église en matière de moeurs, sur la pilule, le divorce. Il ne jugeait personne. Il croyait à la morale sans être moralisateur.

Jacques Grand-Maison aimait le Québec. Le Québec des petites gens auquel appartenait, ce fils d’ouvrier. Cela explique son combat en faveur du syndicalisme dans les années soixante, puis sa critique du corporatisme syndical par la suite.

Jacques aimait la culture française. C’était un prédicateur remarquable, car sa théologie contenait toujours une sensibilité vibrante. Jacques Grand-Maison était un nationaliste progressiste et à vrai dire aucune idéologie ne le faisait taire. Cet homme d’Église a toujours gardé sa distance critique et son libre arbitre.

Il a influencé des générations d’étudiants à l’université de Montréal où il fut longtemps professeur.

Les jeunes d’aujourd’hui ignorent que des hommes d’Église furent des modèles pour des jeunes en quête de savoir. Il fut donc un maître à penser qui a réussi à inculquer le sens de la liberté à ceux qui le côtoyaient.

C’était mon ami. Nous ne nous perdions jamais de vue et le proverbe qui prétend que «Loin des yeux,loin du coeur» ne s’est jamais confirmé pour nous.