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Qui l'eût cru?

Qui l'eût cru?
Photo AFP

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Victoire éclatante de Trump.

Je ne sais pas ce qui m’inquiète le plus : Donald Trump comme Président des États-Unis ou ce qui a motivé plus  d’électeurs américains à voter pour lui que pour Hillary Clinton.

Un rejet massif des vieux partis.

La défaite démocrate est évidemment la plus cinglante, mais personne dans l’establishment républicain ne va se réjouir de l’élection de cet électron libre qui s’est imposé envers et contre tout le leadership traditionnel du parti. Les experts ont répété à satiété que The Donald a su canaliser le désenchantement d’une couche significative de la population, dégoutée de la haute finance, la politique pourrie, le commerce international, le déshonneur national ou, de façon générale, le statu quo. Bien sûr, les acteurs-trices politiques ont une grande part de responsabilité dans ce désabusement dramatique pour l’avenir d’un pays. Mais, d’abord, il n’y a aucun doute que la perdante de mardi est plus compétente  et, comment dire, moins imprévisible que le gagnant. Et, surtout, je ne réussis pas à comprendre qu’un si grand nombre de personnes qui se considèrent laissées-pour-compte aient cru une seule seconde qu’un milliardaire puisse et veuille être leur porte-voix. À ce titre, je ne suis pas trop certain si c’est le 45e Président qui me fait le plus peur ou si c’est plutôt la frustration, la hargne, même la violence de plusieurs de ses partisans. (Évidemment, Mme Clinton n'a rien fait pour améliorer la réputation des politiciens de carrière en refusant de concéder publiquement la victoire de son adversaire.) 

Et nous, et nous?

Je crains que les partis et appareils politiques américains ne tireront aucune leçon intelligente de cette affreuse campagne électorale. Les Démocrates blâmeront leur candidate alors que  les Républicains seront tout simplement soulagés de détenir à la fois la Présidence et les deux chambres du Congrès. Et il n’y aura sans doute pas plus de questions ni de questionnement de ce côté-ci de la frontière. Pourtant, ici comme ailleurs se manifeste aussi une  désaffection grandissante envers la chose et la classe politiques. Il me semble qu’il serait prudent de s’y attarder. Avant que le trumpisme ne nous envahisse.