/news/politics
Navigation

Des leaders tentent de calmer les inquiétudes

Le discours de victoire de Trump a été rassurant selon plusieurs

Donald Trump succédera à Barack Obama le 20 janvier 2018. Il deviendra le 45e président des États-Unis.
Photo AFP Donald Trump succédera à Barack Obama le 20 janvier 2018. Il deviendra le 45e président des États-Unis.

Coup d'oeil sur cet article

Des leaders politiques ont tenté de calmer le jeu hier après la victoire surprise de Donald Trump, qui a provoqué angoisse et incertitude.

Cet appel au calme n’a pas empêché des milliers d’Américains de descendre dans les rues de plusieurs grandes villes hier. En soirée, on les a retrouvés à New York et Chicago, près de bâtiments Trump pour exprimer leur mécontentement.

«Not my president [pas mon président]», scandaient plusieurs.

La frustration s’est transportée à Montréal, où une centaine de personnes ont manifesté devant le consulat américain.

Plus tôt dans la journée, le discours de victoire du milliardaire a pourtant été cité par plusieurs comme rassurant et empreint de calme, à mille lieues de ses discours corrosifs pendant la campagne.

M. Trump a assuré vouloir «être le président de tous les Américains».

«Nous ne sommes pas d’abord démocrates ou républicains. Nous sommes d’abord Américains», a ensuite ajouté Barack Obama. L’actuel président des États-Unis s’est dit réconforté par l’allocution du gagnant. Il y a quelques jours à peine, Obama avait pourtant évoqué la menace que représentait Trump pour la démocratie.

Obama reçoit d’ailleurs son successeur aujourd’hui à la Maison-Blanche pour une transition qu’il souhaite «en douceur».

Même le Mexique

Le président mexicain, Enrique Peña Nieto, s’est lui aussi montré rassurant malgré une chute de la bourse du pays.

Le Mexique a été particulièrement échaudé pendant la campagne, alors que Trump a traité ses ressortissants de «violeurs» et menacé de construire un mur entre les deux pays.

N’empêche que le président Peña Nieto a qualifié son entretien téléphonique d’hier avec Trump de «cordial, amical et respectueux». Une rencontre est prévue entre les deux hommes sous peu.

Lui donner une chance

Refusant de laisser libre cours à la panique qui a gagné un grand nombre d’électeurs déçus, Hillary Clinton a félicité son grand rival pour sa victoire.

«Donald va être notre président et nous devons être ouverts d’esprit et lui donner sa chance de diriger», a-t-elle souligné.

Pour sa part, le candidat déçu à la primaire démocrate, Bernie Sanders, qui avait galvanisé de jeunes foules, a offert de travailler avec Trump.

«Si M. Trump entend vraiment mener des politiques visant à améliorer les vies des familles de travailleurs, moi ainsi que d’autres progressistes sommes prêts à travailler avec lui», a-t-il dit.

Les marchés boursiers ne sont pas en reste. Ils ont également repris le dessus hier après avoir tremblé la soirée de l’élection.

— Avec l’Agence France-Presse et CNN

Promesses difficiles à tenir

Mur

«Il y a des endroits comme le désert de l’Arizona où la construction d’un mur n’est pas impossible, mais très difficile et beaucoup plus coûteuse que ce que prétend Trump», indique Andréanne Bissonnette, coordonnatrice de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, en ajoutant qu’un tiers de la frontière est déjà murée. Il est aussi utopique de croire qu’il est possible de forcer le Mexique à payer de même que de pouvoir retenir les transferts bancaires des citoyens américains vers leur famille au Mexique, dit-elle.

Immigrants

«L’idée de déporter les [11,3 millions] d’immigrants illégaux est mort-née», croit Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. Il faudrait débloquer des ressources sans précédent pour aller les trouver et leur déportation pourrait avoir des conséquences économiques puisqu’ils comblent des emplois qui souvent n’intéressent pas les Américains, dit Mme Bissonnette.

Musulmans

Trump ne pourrait pas empêcher les musulmans d’entrer aux États-Unis puisque cette mesure ne respecterait tout simplement pas un article de la Constitution américaine qui traite de la liberté de confession religieuse. La politique serait rapidement contestée en cour, selon Mme Bissonnette.

Impôts

La réforme fiscale que souhaite entreprendre Trump est irréaliste, selon M. David. «Je m’attends à une profonde résistance au Congrès puisque cette réforme augmenterait de 10 000 G$ supplémentaires d’endettement public. Ce n’est pas possible», dit-il.

Obamacare

Donald Trump veut anéantir le programme Obamacare et le président de la Chambre des représentants en a même fait sa priorité. «Il risque d’y avoir énormément de grogne dans la population si le programme est supprimé. Il y a tout de même 47 % de la population qui n’a pas voté pour lui, il devra le prendre en considération», croit M. David.