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Indemnisation à l'industrie laitière: le plan d'Ottawa mal reçu au Québec

L’offre pour indemniser les producteurs québécois de lait jugée insuffisante

Indemnisation à l'industrie laitière: le plan d'Ottawa mal reçu au Québec
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OTTAWA – L’offre du fédéral pour indemniser les producteurs québécois de lait et de fromage à la suite de l’accord de libre-échange avec l’Europe n’est pas à la hauteur.

C’est ce qu’ont soutenu, jeudi, le gouvernement du Québec et les représentants de l’industrie de la province.

«Ce que le fédéral a annoncé constitue un pas dans la bonne direction, mais c’est nettement insuffisant», a affirmé le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis.

Même son de cloche chez les producteurs et transformateurs laitiers du Québec, qui partagent l’optimisme prudent du ministre Paradis.

«On salue l’annonce, mais c’est clair que le montant n’est pas à la hauteur de nos attentes», a souligné le porte-parole des Producteurs de lait du Québec (PLQ), François Dumontier.

Jeudi, Ottawa a débloqué une enveloppe de 350 millions $ pour dédommager les producteurs canadiens. Ces derniers s’attendent à ce que l’entrée en vigueur du traité de libre-échange fasse doubler les exportations européennes de fromages sur le marché canadien.

Seulement au Québec, les producteurs évaluent leurs pertes à 300 millions $ par année après l’entrée en vigueur de l’accord, connu sous le nom de CETA.

«Il faut s'assurer que ceux et celles qui subissent les contrecoups de cette entente-là, les petits fromagers québécois de fromage fin, nos artisans, soient compensés correctement», a tonné le ministre Paradis.

Ce dernier a aussi déploré le fait que le plan du fédéral «ne donne aucun détail quant à la proportion des sommes qui vont être allouées au Québec».

Afin d’aider l’industrie à éponger ses pertes, Ottawa a annoncé la mise sur pied de deux programmes distincts.

Le premier vise les fermes laitières, qui auront droit à des compensations de 250 millions $ sur cinq ans. Un deuxième s’adresse aux transformateurs, qui toucheront 100 millions $ sur quatre ans.

«Ces programmes aideront l'industrie laitière du Canada à accroître sa productivité afin de s'adapter aux répercussions prévues de l’accord de libre-échange», a déclaré le ministre fédéral de l’Agriculture, Lawrence MacAulay.

La ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, a invité les producteurs à utiliser les fonds fédéraux mis à leur disposition pour «moderniser» leurs usines.

Ces derniers, espère-t-elle, seront ensuite bien placés pour «tirer parti des nouveaux débouchés» créés par les traités de libre-échange.

Mais pour être «efficace», l’aide financière d’Ottawa devra être «facilement accessible», prévient le président des Producteurs de lait du Québec (PLQ), Bruno Letendre.

M. Letendre s’est aussi dit déçu que «plusieurs autres dossiers» concernant l'industrie «restent en suspens», comme celui du lait diafiltré.

«Les réglementations domestiques et les mesures frontalières canadiennes n'ont pas été abordées dans l'annonce d'aujourd'hui, alors que le gouvernement nous avait laissés croire qu'elles le seraient», a-t-il souligné.