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Des tickets «chaque minute», selon le chef de police

Enregistré à son insu, Philippe Pichet insiste sur l'importance des contraventions

Le chef de police de Montréal, Philippe Pichet
Photo d'archives, Chantal Poirier Le chef de police de Montréal, Philippe Pichet

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Enregistré à son insu une fois de plus par des cadres, le chef de police de Montréal a récemment martelé que les quotas de tickets sont une priorité. Il dit même que les agents à moto doivent s'attendre à donner des contraventions «chaque minute».

L’affaire remonte à février dernier. Le chef de police venait d’instaurer une prime au rendement pour les cadres responsables d'une division qui atteignait les quotas de contraventions.

Le syndicat des policiers a tout de suite condamné cette pratique, qu’il a baptisée ironiquement «Bonis-Denis», en référence au maire de Montréal Denis Coderre.

Or, notre Bureau d’enquête a appris que ces primes suscitent aussi l’indignation chez plusieurs hauts gradés du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Un d’entre eux a donc enregistré le chef Pichet à son insu lors d’une rencontre de direction au Buffet Riviera, sur le boulevard Henri-Bourassa.

Le discours de Philippe Pichet à son état-major aborde notamment la question des policiers-motards, «le groupe le plus revendicateur» parmi les employés du SPVM, selon lui.

«Quand tu entends (les motards) dire, ils nous voient comme si, comme ça puis gna gna gna! Moi je dis écoute, t'es au motard, t'es peut-être pas à la bonne place. Si tu veux pas donner des billets à chaque jour puis à chaque minute, va faire d'autre chose», lance Philippe Pichet.

Il rappelle ensuite avec fermeté que «les bonis sont là pour rester».

Selon nos informations, le SPVM fixe à 17 par jour le nombre de contraventions que doivent donner les policiers motards.

Rappelons que la direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a fixé à 717 000 le nombre de constats à délivrer pour 2016 par l’ensemble de ses policiers.

LES MÉDIAS

Dans ses interventions, Philippe Pichet ramène souvent la dimension médiatique à l’avant-plan de toute l’affaire.

«Quand tu entends les médias dire, on va bâcler les enquêtes pour avoir plus d'argent, c'est un non-sens.», fait-il valoir dans l’enregistrement en notre possession.

«Quand les médias parlent que les cadres vont marcher en fonction du temps supplémentaire, du nombre de billets et des dossiers traités, je pense que c'est vraiment de nous prendre pour des gens non professionnels... je pense que c'est très simpliste comme explication et je pense qu'il faut s'élever en haut de ça», explique-t-il.

C’est la deuxième fois qu’une rencontre entre les hauts gradés du SPVM fait l’objet de fuite dans les médias. Il y a deux semaines, notre Bureau d’enquête révélait que l’assistant directeur Mario Guérin voulait «briser la culture du coulage», en référence aux enquêteurs qui parlent aux médias sans autorisation.