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Rien à fêter.

René Lévesque a peaufiné ses talents d'orateur derrière le micro de la radio de New Carlisle, son patelin d'origine.
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40 ans après le 15 novembre.

La seule victoire convaincante du Parti Québécois a été sa première, le 15 novembre 1976. Même à ça, le parti de René Lévesque ne l’avait emporté que parce que l’Union Nationale avait recueilli dix-huit pourcent des votes. Le PQ avait obtenu 41% des voix. Chouette, selon moi, mais très loin de la majorité.

De mal en pis.

Les dix élections générales suivantes donnent l’impression d’un partage du pouvoir quasi égal entre le PQ et le PLQ avec respectivement quatre et six victoires. Mais il n’y a que l’aveuglement partisan des Péquistes qui permette une interprétation aussi jovialiste du cheminement du parti maintenant dirigé par Jean-François Lisée. Une seule fois depuis son imprévue élection d’il y a 40 ans le PQ a-t-il frôlé la moitié des appuis lors d’un scrutin. C’est arrivé à la fin de son premier mandat, en avril 1981. Wow ! 49%. Immense résultat, à première vue. Mais ne pas atteindre la majorité dans une lutte à deux n’a rien de glorieux. Surtout dans le contexte d’alors. Je rappelle à celles et ceux de ma génération, et je l’apprends peut-être aux plus jeunes, le PQ était alors dirigé par le charismatique René Lévesque et le PLQ par, disons, l’austère Claude Ryan. Aux deux tours de piste suivants, 1985 et 1989, les Libéraux, à nouveau dirigés par un Robert Bourassa jadis honni, ont remporté ou frôlé une majorité absolue des votes, renvoyant le PQ à un score inférieur à celui de 1976. La lune de miel venait de s’éteindre et elle ne s’est pas rallumée depuis ce temps lointain.

Le fond de la cave.

Quand l’enthousiaste Jacques Parizeau a pris le pouvoir en 1994, il a défait le, hum, terne Daniel Johnson par 14 mille voix. La peau des dents. Son successeur Lucien Bouchard a été élu premier ministre  en 1998 avec moins de votes que ceux obtenus par le nouveau chef Libéral Jean Charest fraîchement débarqué du Parti Progressiste Conservateur du Canada. Quatorze ans plus tard, en septembre 2012, quand Pauline Marois a marqué l’histoire, (bravo, youppi, snif, snif )  les Libéraux usés ont obtenu 50 sièges à l’Assemblée Nationale où il en faut 63 pour être majoritaire. Ça s’appelle une courte victoire, pour ne pas dire une victoire par défaut. Suivie il y a deux ans et demie, dernière humiliation, par le plus bas pourcentage de votes au PQ depuis sa naissance électorale. Le quart des votes en 1970, ça faisait plaisir; le quart des votes en 2012, ce n’est pas la marque d’un essor fulgurant.

L’Heptade.

L’ancien journaliste que je suis ne veut pas et ne peut pas blâmer les maudits médias pour leur discrétion commémorative sur le quarantième anniversaire de la première élection du parti qui a tant transporté une partie de ma génération. Je citerai de mémoire la toune d’Harmonium lancée ce jour-là : « on a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter »,