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560 000$ à NATIONAL: La ministre David rappelle l’Université Laval à l’ordre

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Photo Simon Clark La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

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La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, rappelle à l’ordre l’Université Laval, qui a versé plus d’un demi-million $ à une firme de relations publiques dans le cadre d’un contrat de gré à gré renouvelé chaque année depuis cinq ans.

La ministre David a d’abord rappelé que dans les universités, qui sont des institutions publiques, «chaque sou doit être dépensé de façon judicieuse» et «parcimonieuse».

«On part de ça. Après ça, qu’ils donnent un contrat année après année, de gré à gré, même si c’est permis et légal, moi j’aurais préféré qu’ils fonctionnent avec des appels d’offres justifiés», a affirmé Mme David mercredi avant-midi.

Au CA de trancher

Ce sera au conseil d’administration de déterminer si cette dépense est justifiée et s’il y a «une bonne reddition de comptes», a-t-elle ajouté en précisant qu’elle avait l’intention d’en discuter avec sa présidente au cours de la journée: «Je vais lui répéter les règles de gestion et de gouvernance importantes qui font qu’une administration doit rendre compte à son conseil d’administration». Par la suite, «si le conseil juge que la dépense est justifiée, que le mode d’attribution est justifié, ils expliqueront publiquement leur position», a ajouté Mme David.

Le Journal a tenté mercredi d’obtenir une entrevue à ce sujet avec le recteur, Denis Brière, de même qu’avec la présidente du conseil d’administration de l’Université Laval, Marie-France Poulin, mais en vain.

Manque de transparence

De son côté, le professeur en science politique Thierry Giasson dénonce haut et fort le manque de transparence de son université. «La règle à suivre, ça semble être le silence et je trouve ça problématique», a-t-il lancé, tout en soulignant que l’Université Laval est une organisation publique, qui ne doit pas être gérée comme une multinationale.

Par ailleurs, l’Association du personnel administratif professionnel s'oppose au recours à la sous-traitance par l'Université Laval et demeure vigilante dans ces dossiers, indique son président, Éric Matteau.

Le Journal rapportait mercredi que le recteur Denis Brière est le seul haut dirigeant du réseau universitaire québécois à bénéficier des services récurrents d’un cabinet de relations publiques à qui un montant fixe de plusieurs milliers de dollars est versé chaque mois depuis plus de cinq ans.

— Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

Le contrat entre l’Université Laval et NATIONAL

  • 560 000 $ dépensés par l’Université depuis 2009
  • Versements mensuels allant jusqu’à 8300 $ par mois
  •  L’Université Laval emploie plus de 80 personnes dans le «vaste domaine des communications», dont 20 conseillers en communication.
  • Contrat de gré à gré renouvelé depuis cinq ans

Une façon de faire qui dérange

« Ça prend une loi-cadre sur l’administration universitaire. C’est assez incroyable que le recteur et le gouvernement s’en lavent les mains. Le gouvernement libéral fait rire de lui dans ce dossier. »

— Jean-François Roberge, porte-parole de la CAQ en matière d’éducation

« On ne comprend pas pourquoi l’Université Laval ne peut pas compter sur leurs ressources à l’interne (en communications). La vérificatrice générale devrait pouvoir faire des vérifications sur les universités à charte. »

— Alexandre Cloutier, porte-parole du PQ en matière d’éducation

« C’est un désaveu du service de communications de notre université. (...) Le silence n’a pas sa place à l’université, les secrets non plus. »

­­— Thierry Giasson, professeur en communication à l’Université Laval