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Violence conjugale : condamné à 13 ans pour avoir tué sa conjointe

Bloc justice
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Un quinquagénaire de Saint-Agathe-des-Monts qui avait tué sa conjointe de 13 coups de couteau avant de cacher le corps dans la cave de son domicile a finalement écopé de 13 années de pénitencier.

«C’est une triste histoire», a commenté la juge Johanne St-Gelais, mercredi, avant de condamner Sylvain Bigras a une longue peine d’incarcération pour l’homicide involontaire de Louise Geoffrion.

On ignore toutefois ce qui avait poussé l’accusé à commettre l’irréparable le 21 juin 2014, mis à part que tant l’accusé que la victime étaient fortement intoxiqués le soir du drame. Bigras avait poignardé 13 fois sa conjointe, avant de se débarrasser du corps dans une cave.

Le corps avait été retrouvé par des ouvriers de la construction qui s’affairaient à rénover le logement.

«M. Bigras a de graves problèmes d’alcoolémie», a d’ailleurs souligné Me Steve Baribeau de la Couronne, mercredi au palais de justice de Montréal.

Cauchemar

Pour la famille de Mme Geoffrion, la douleur d’avoir perdu un être cher est toujours vive, plus de deux ans plus tard. La fille de la défunte n’a d’ailleurs pas hésité à parler de «vrai cauchemar», dans une lettre adressée à la cour.

«Ma mère a-t-elle souffert? a demandé la fille de Mme Geoffrion. Était-ce si important de la jeter dans la cave? Ce n’était pas un déchet, mais un être humain. J’ai pleuré pendant des jours et des nuits.»

Bigras, assis dans le box des accusés, a gardé la tête basse pendant que le procureur lisait la lettre à haute voix.

«Il regrette beaucoup les gestes, a déclaré son avocat Me Simon Dolci. Il n’y a pas de mobile, il n’avait pas de raison de s’en prendre à Mme Geoffrion.»

Intelligence «limite»

Selon le Dr Pierre Gagné, qui a rencontré Bigras après le drame, ce dernier est doté d’une «intelligence limite» qui aurait pu contribuer à diminuer sa responsabilité pour le crime.

Un autre psychiatre, le Dr Louis Morissette, a quant à lui conclu que le jugement de l’accusé était perturbé le soir du crime, et qu’il était «peu capable d’utiliser ses capacités habituelles de raisonnement».

Bigras est d’ailleurs considéré comme complètement invalide au travail depuis 1994, a rappelé le psychiatre.

Selon des témoins, Bigras était «bizarre et déconnecté» après le drame. Il aurait même dit à l’un d’eux que c’était des motards qui avaient tué sa femme.

Malgré tout, Bigras a quand même plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire.

Lors de l’audience, la Couronne a mentionné avoir pris en compte les délais judiciaires, ainsi que l’arrêt de la Cour suprême limitant le temps d’attente d’un accusé pour être jugé, afin de décider de réduire l’accusation de meurtre d’abord portée contre Bigras.

Compte tenu de la détention préventive, il reste à Bigras un peu plus de 9 ans à purger.