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La réalité augmentée aiderait à soulager les douleurs du membre fantôme

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PARIS - Une expérience utilisant la réalité augmentée et des jeux vidéo a permis de soulager les douleurs du membre fantôme de 14 patients amputés d’un bras, montre une étude publiée vendredi.

Les patients, suédois et slovènes, ont notamment été invités à «utiliser» leur membre amputé pour conduire une voiture dans un jeu vidéo de course automobile.

A la fin des douze séances de l’expérience, l’intensité de leur douleur avait diminué de 32% et la fréquence de ces douleurs avait baissé de 61% pendant le sommeil et de 43% pendant la veille, selon l’étude, parue dans la revue médicale britannique The Lancet.

Sur les quatre patients traités par antidouleurs, deux ont par ailleurs nettement réduit les doses de leur traitement.

Les améliorations persistaient six mois après la fin de l’expérience, ajoute l’article.

«Les résultats de notre étude suggèrent qu’il pourrait être efficace d’"entraîner" le membre fantôme», a expliqué l’auteur principal de l’article, Max Ortiz-Catalan, ingénieur en électronique spécialiste des prothèses et enseignant à l’université de technologie de Chalmers à Göteborg en Suède.

La douleur du membre fantôme qualifie les douleurs ressenties comme provenant qu’un membre pourtant amputé. Elles se produisent lorsque les neurones de la zone d’amputation continuent à envoyer des messages de douleur au cerveau.

Elles sont fréquentes après l’amputation mais, dans un tiers des cas, elles persistent et affectent la qualité de vie des patients (handicap accru, moins bonne santé mentale, difficulté plus grande à utiliser une prothèse...).

Il existe peu de traitements, la chirurgie et les anti-douleurs n’apportant qu’un soulagement limité et présentant des effets secondaires.

La thérapie «par le miroir», née dans les années 1990, a montré une certaine efficacité. Elle consiste à bouger le membre restant tout en regardant dans une glace, de façon à faire croire au cerveau qu’il s’agit d’un mouvement du membre amputé.

Elle ne marche toutefois pas dans tous les cas, en particulier pour les personnes doublement amputées.

L’expérience décrite dans The Lancet utilise le même principe.

Les patients choisis, sur qui les traitements existants avaient échoué, se voient placer des électrodes sur leur moignon pour enregistrer les signaux d’activité musculaire. Ceux-ci sont ensuite envoyés vers un ordinateur, qui crée un bras virtuel à l’écran, où le patient se voit comme s’il disposait de son membre manquant.

On leur a ensuite demandé de «bouger» leur bras amputé pour effectuer plusieurs exercices: reproduire une série de mouvements imposés (ouvrir la main, faire une rotation du bras...) ou piloter une voiture.

Cette méthode permet «de réactiver des zones du cerveau» utilisées pour bouger le bras avant l’amputation, ont constaté les auteurs.

Ces résultats doivent être confirmés par un essai clinique où les patients sont répartis dans deux groupes recevant par tirage au sort, l’un le traitement, l’autre le placebo.