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La victime de Lac-Beauport morte en accouchant

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courtoisie et d’archives, Agence QMI Le principal témoin dans la disparition de Catherine Racine-Ouellet (en mortaise) avait été arrêté le 29 décembre 2015 à l’issue d’une dispute conjugale sur la 3e Avenue, à Limoilou. Aucune accusation n’a été portée contre lui à l’époque.

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La dépouille d’une femme retrouvée mercredi dans un boisé isolé de Lac-Beauport est celle de Catherine Racine-Ouellet, morte à la suite d’un accouchement en présence de son conjoint, a appris Le Journal.

C’est la thèse qui est actuellement privilégiée par les enquêteurs au dossier, selon plusieurs sources consultées par Le Journal, dont Vanessa Racine-Lafleur, la sœur cadette de la défunte.

Selon nos informations, Catherine Racine-Ouellet, 25 ans, aurait donné naissance à son troisième enfant en mars dernier dans une résidence de Lac-Beauport. L’accouchement aurait eu lieu en présence de son conjoint de 51 ans, considéré comme le principal témoin dans cette affaire.

La jeune femme serait morte au «bout de son sang» à l’issue de la procédure, confirment nos informateurs. Le bambin aurait survécu. La mère de famille n’avait plus été revue depuis. Malgré cette disparition, les policiers n’ont jamais diffusé d’avis de recherche public.

Cette décision a fait rager la famille de Catherine Racine-Ouellet, qui accuse la police de Québec d’avoir bâclé son enquête en agissant de la sorte. «Je ne comprends pas. Ils n’ont jamais voulu nous aider», lance, en colère, Vanessa Racine-Lafleur.

Corps en mauvais état

Elle aura dû attendre des mois avant que le corps de sa sœur soit retrouvé. Des recherches récentes effectuées par les autorités ont permis de découvrir la dépouille mercredi. Selon nos informateurs, la défunte avait été laissée sous un amas de pierres, en surface du sol d’un boisé isolé. Sa dépouille a été envoyée à Montréal pour autopsie.

Le corps serait toutefois dans un si mauvais état qu’il pourrait être difficile pour les enquêteurs de prouver leur théorie et de porter des accusations contre un éventuel suspect. Notons que le conjoint de la défunte, un homme très pieux qui est père d’au moins 10 enfants nés de femmes différentes, a été rencontré dans les derniers jours par les enquêteurs relativement à cette affaire.

Il a été relâché depuis. «Il est déjà libéré! Je ne veux pas qu’il s’en sorte comme ça», peste Vanessa Racine-Lafleur.

Passé difficile

Catherine Racine-Ouellet n’a jamais eu une vie facile, selon sa petite sœur. Très jeune, elle aurait été agressée sexuellement par un homme de son entourage, et aurait été internée plus tard dans un hôpital psychiatrique de Québec.

Aux prises avec de graves problèmes de santé mentale et sous forte médication, la jeune femme n’aurait jamais été capable de subvenir à ses besoins, si bien qu’à l’âge adulte, elle a été placée sous la protection du Curateur public.

Il y a trois ans, elle a rencontré un homme qui avait deux fois son âge et avec qui elle a eu tout d’abord deux petites filles, confirme la famille de la victime. En décembre 2015, le couple a vécu une situation de violence conjugale. Le conjoint a alors été arrêté, mais pas accusé. Catherine Racine-Ouellet a par la suite accouché d’un troisième enfant, avant que le drame survienne.

— Avec la collaboration de Nicolas Saillant

Chronologie des événements

29 décembre 2015 Catherine Racine-Ouellet se présente ensanglantée chez son voisin de Lac-Beauport. Son conjoint prend la fuite avec le jeune enfant du couple. Il est arrêté dans la nuit, sur la 3e Avenue, après l’intervention de la police et du groupe tactique d’intervention. Il ne sera pas accusé.

Mars 2016 – Selon des sources proches du dossier, Catherine Racine-Ouellet donne naissance au troisième enfant du couple avec l’aide de son conjoint, dans une résidence de Lac-Beauport. Elle meurt des suites de l’accouchement, «au bout de son sang», selon nos informateurs. Le bébé survit.

Printemps/été 2016 – Les proches apprennent, par l’entremise d’un organisme, que Catherine Racine-Ouellet n’a pas été vue depuis mars. La police est informée. Malgré cela, aucune annonce publique concernant cette disparition n’est faite par les autorités.

29 novembre 2016 – Les policiers entament des recherches dans un secteur boisé de Lac-Beauport. Dans la journée du 30 novembre, le corps de Catherine Racine-Ouellet, en état de putréfaction avancée, est découvert sous un amas de pierres, en surface du sol.