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Pourquoi s’en prendre à Ima?

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Ima est une des filles les plus lumineuses, souriantes, chaleureuses et sympathiques du show-business québécois.

Non seulement on lui donnerait le bon Dieu sans confession, mais, en plus, elle ne ferait pas de mal à une mouche.

En plus, c’est un pétard.

Ah oui, et en plus de tout, elle chante merveilleusement bien.

Sur son dernier album, Femme, elle reprend avec talent (et une vraie whisky voice) des classiques de Barbara, Piaf ou Carole King. Et elle offre une version splendide d’une chanson de Leonard Cohen.

Bon, bref, il faut vraiment se lever pour envoyer une flèche à Ima.

C’est pourquoi j’étais renversée, récemment, quand j’ai lu sous la plume de Mario Girard, dans La Presse, une critique vitriolique, mesquine et méprisante du premier livre d’Ima, intitulé Merci la vie (éd. Édito).

UNE ATTAQUE EN RÈGLE

Quand le chroniqueur ne ridiculise pas sa mère qui achète ses robes à la Plaza St-Hubert, il ridiculise son côté ésotérique et la traite comme si c’était un danger public. Imaginez: elle ose vendre 24,95 $ un livre rempli de pensées positives!

Mais ce qui m’a le plus choquée en lisant le texte de Girard, c’est qu’il minimise la principale révélation du livre d’Ima, comme si c’était quelque chose d’accessoire et d’anecdotique.

À la page 19 de son livre, Ima raconte que, lorsqu’elle avait 3 ans, elle a été abusée par son gardien, qui avait dans la quarantaine. Ça a duré deux ans.

Ima s’ouvre le cœur avec beaucoup de candeur. «Que je sois capable de parler de cet abus aujourd’hui publiquement me paraît presque incroyable. Si l’on m’avait dit, ne serait-ce que l’année dernière, que je le ferais, je ne l’aurais sans doute pas cru. [...] Les traces que l’abus a laissées en moi sont longtemps demeurées profondes et corrosives. Cela fait trois ans à peine que je suis capable d’en parler sans pleurer. Avant, j’évitais le sujet. J’avais honte.»

On a vu avec le mouvement #agressionondénoncée à quel point il faut du courage aux femmes et aux hommes victimes d’agression sexuelle pour en parler publiquement. À quel point cela peut être douloureux de prendre la parole.

Ima dit qu’elle a pardonné à son abuseur. Et elle raconte un épisode assez particulier: lors d’une cérémonie de «détachement», elle affirme avoir entrepris une sorte de voyage cosmique pour rendre visite à l’«âme» de son abuseur décédé.

On peut trouver ça étrange, mais chacun, chacune possède sa propre façon de faire face à la douleur d’une agression.

J’imagine qu’Ima a dû prendre son courage à deux mains pour lever ainsi le voile sur un événement aussi traumatisant.

Et là, au lieu de saluer le courage d’Ima, un chroniqueur en mal de scandale lui fesse dessus avec un deux par quatre.

PAUVRE IMA

Jamais elle n’aurait pu s’imaginer qu’elle serait ridiculisée sur la place publique par un soi-disant progressiste.

Faut croire qu’aux yeux de certains, Ima ne fait pas partie de la «bonne gang».

Mon petit doigt me dit que si une chanteuse branchée du Plateau écrivait un livre dans lequel elle confiait s’être fait violer quand elle avait 3 ans, personne de la Clique ne tirerait dessus avec un bazooka.