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Une libération pour Drogba

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Pas possible pour Didier Drogba de recevoir meilleure nouvelle. Drogba a perdu contre le Toronto Football Club mercredi soir avec ses coéquipiers mais la nouvelle qu’il a reçue hier a dû être un formidable baume sur sa déception.

La commission d’enquête britannique a annoncé hier qu’après un examen de sept mois à la suite des allégations du Daily Mail de Londres, on n’avait trouvé aucune trace de mauvaise gestion ou de fraude quelconque dans la fondation Didier Drogba. Les sommes d’argent ramassées par la fondation sont dans les comptes de banque où elles devaient être. De plus, les dépenses qui ont servi à organiser les banquets et les fêtes pour amasser les dons des riches Anglais sont restées dans les normes prévues à cet effet.

Par ailleurs, l’hôpital de la fondation Drogba pour les mères et les enfants dans la région d’Attecoubé en Côte d’Ivoire est maintenant sorti de terre et on est en train de procéder à l’achat des installations médicales nécessaires à son fonctionnement.

Après, faudra trouver les médecins. Pas certain que les diplômés de l’Université de Montréal vont se garrocher aux portes pour y décocher un emploi bénévole.

LES FONDATIONS EN AFRIQUE

Depuis le jour un, en avril dernier, je n’ai jamais cru l’histoire publiée par le Daily Mail. Il fallait que le journaliste qui a sorti le canular ignore complètement comment les choses se passent en Afrique de l’Ouest pour écrire ce qu’il a écrit. J’ai vigoureusement pris position en faveur de Didier Drogba dans cette affaire parce que j’ai siégé plusieurs années au conseil d’administration de la ­fondation Semafo au Burkina Faso.

J’ai vécu quatre longs séjours à Ouagadougou, la capitale, et dans les villages dans la brousse entourant Mana et Bolo. Ramasser l’argent est le début. Trouver les matériaux, les ingénieurs et les entrepreneurs en est une autre. Mais dénicher les professionnels qui vont remplir les tâches prévues dans les cliniques médicales, les écoles ou les dispensaires, relève de l’exploit.

Construire une maison d’une pièce en banco coûte

300 dollars. L’étanchéifier pour qu’elle ne se dissolve pas sous les pluies tropicales, est déjà une aventure. Vous pouvez imaginer alors les défis que doit rencontrer la fondation de Drogba pour construire un hôpital et y installer l’électricité. On ne parle pas des infirmières, des techniciens de laboratoire et des médecins qu’il faut convaincre de revenir au pays après leurs études en Europe.

UN MONUMENT

Les Québécois ont été choyés de pouvoir applaudir ­pendant une saison ce grand joueur et ce grand monsieur qu’est Didier Drogba. Qu’on ne comprenne pas toujours sa façon de penser et de réagir, est excusable. Didier Drogba vient d’une autre planète. En Côte d’Ivoire où il a été un facteur de paix dans les pourparlers qui ont mis fin à la guerre civile, c’est une icône. Encore bien plus que Dominic Oduro, du Ghana, pays voisin où l’économie et les infrastructures sont meilleures même si la monnaie du pays ne se transige plus à l’étranger.

On peut ergoter longtemps sur le rendement de Drogba dans le dernier match, ce qui s’est passé sur le terrain a moins d’importance que cette libération que la ­commission britannique d’enquête vient de lui donner.

Didier Drogba va pouvoir quitter Montréal et entrer chez lui la tête en paix.

 
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