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De charpentier à récupérateur

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Tanné du gaspillage sur les chantiers de construction, un charpentier montréalais espère désormais gagner sa vie en donnant un nouveau souffle à des objets voués à la déchetterie.

«J’ai pris conscience sur la construction qu’on gaspillait comme des cons : on coupe du bois et l’excédent est jeté ; quand tu appelles un entrepreneur pour rénover ta cuisine, la première chose qu’on va faire c’est la démolir et la jeter pour en faire une neuve alors que les matériaux auraient pu servir à reconstruire cette même cuisine», déplore Nicolas Des Ormeaux alias Lartisnick, un charpentier depuis 10 ans devenu récupérateur. Ce dernier présentait ses objets dimanche à la 11e édition du Salon des artisans récupérateurs.

Lartisnick transforme un vieux robinet ou une radiographie en lampe, d’anciens téléphones en microphones, des panneaux usés en horloges, des tournevis en décorations de Noël ou du bois récupéré en comptoir. L’artisan de 38 ans s’est lancé dans cette aventure il y a deux ans : il a une centaine d’œuvres à son actif et estime qu’il y a un marché pour son travail.

Maître du surcyclage

Il y a quelques années, il a découvert ce que l’on appelle le «surcyclage», qui consiste à conférer une nouvelle utilité à un objet et même à lui donner une plus-value. «Ce n’est pas encore ancré dans les mœurs, c’est ça versus le recyclage qui a besoin d’une énorme quantité d’énergie pour faire fondre ton plastique et refaire des plats Tupperware avec. Moi je revalorise l’objet sans rien changer, c’est beaucoup plus écologique», précise celui qui se dit «Maître du surcyclage».

Un petit pied-de-nez

«La débrouillardise, l’inventivité, on a perdu ça : comment être inventif quand tu peux avoir un objet à 19, 99$ en magasin? poursuit-il. C’est pour mettre dans la face du monde ces beaux objets qu’on idolâtrait il y a 15-20 ans et qu’on voit aujourd’hui en se disant ''Oh oui j’ai eu ça dans le temps'' : c’est un petit pied-de-nez.»

Nicolas Des Ormeaux donne aujourd’hui des conférences sur le développement durable tout en poursuivant quelque peu son travail de charpentier-menuisier, et aimerait pourquoi pas vivre un jour de sa nouvelle activité.

Une quarantaine d’artisans récupérateurs étaient présents à l’événement de cette fin de semaine et ont attiré quelques milliers de Montréalais autour de vêtements, de jeux et de bijoux, entre autres œuvres pouvant inspirer des idées de cadeaux. «On souhaite offrir des exemples très concrets de ce que l’on peut faire pour changer notre mode de vie, les artisans sont choisis en fonction de critères d’éco-responsabilité», a pointé Catherine Gauthier, directrice générale d’Environnement Jeunesse, derrière l'organisation de ce salon.