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9420 $ par famille pour l’épicerie

Les Canadiens pourraient subir une importante hausse de prix des aliments en 2017, selon une étude

Jessica Fortin dénonce l’augmentation des prix des aliments qui ont fait grimper sa facture depuis quelques années.
Photo marie-eve dumont Jessica Fortin dénonce l’augmentation des prix des aliments qui ont fait grimper sa facture depuis quelques années.

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Les Canadiens pourraient subir en 2017 la plus forte hausse du prix de leur panier d’épicerie des sept dernières années en raison de la faiblesse du dollar et de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

Une famille moyenne pourrait donc payer jusqu’à 420 $ de plus pour se nourrir pour l’année, selon les prévisions publiées dans le rapport 2017 sur le prix des aliments de l’Université Dalhousie qui sera dévoilé ce matin.

C’est donc une hausse de 5 % qui s’ajoute aux autres augmentations observées au cours des dernières années. En effet, selon les estimations de l'auteur du rapport, les familles devraient dépenser 1770 $ de plus en 2017 qu’en 2013 pour se remplir le ventre, pour un total de 9420 $.

«J'ai remarqué que les prix augmentent parce qu’au moment où j’ai déménagé avec mon copain il y a deux ans, j’avais 100 $ de budget pour l’épicerie. Maintenant, je m’en sors rarement à moins de 150 $», raconte Jessica Fortin en faisant ses emplettes de la semaine. Comme plusieurs autres consommateurs rencontrés dans l’épicerie lundi, Mme Fortin dénonce cette flambée des prix.

Effet de Trump

Les fruits et légumes, de même que la viande, particulièrement le porc, seront les plus touchés, selon Sylvain Charlebois, auteur de l’étude.

Cette hausse pourrait être causée par la faiblesse du dollar canadien et les décisions prises par Donald Trump aux États-Unis.

«Les mesures protectionnistes qu’il veut implanter pourraient affecter la production agricole. Sa volonté de déporter les immigrants illégaux pourrait aussi créer un manque de main-d’œuvre et augmenter le coût de production puisque plus de 2 millions d’entre eux travaillent dans le secteur agricole aux États-Unis», estime-t-il.

Par ailleurs, les Québécois pourraient être un peu plus avantagés par rapport à d’autres provinces puisqu’il existe une forte concurrence entre les chaînes de supermarchés, selon Kevin Grier, analyste indépendant de l’industrie alimentaire.

Coûts de santé

Mais toutes ces montées de prix ont un impact considérable sur les gens vivant de l'insécurité alimentaire, c'est-à-dire qui manquent d'argent pour se procurer une quantité ou une variété suffisante d'aliments.

«Ces augmentations continues des prix font que les gens achètent de plus en plus de produits peu chers et moins sains. Elles finis­sent par développer des problèmes de santé à cause de leur mauvaise alimentation et par faire augmenter le coût des soins de santé», s’inquiète Valerie Tarasuk, chercheuse en insécurité alimentaire à l’Université de Toronto.

Hausse prévue pour 2017

  • Viandes 4 à 6 %
  • Lé́gumes 4 à 6 %
  • Produits d'épicerie (condiments, sauces et autres produits transformés) 4 à ̀6 %
  • Poissons et fruits de mer 4 à̀ 6 %
  • Fruits et noix 3 à̀ 5 %
  • Produits laitiers et œufs 0 à̀ 2 %
  • Pains et céré́ales 0 à 2 %
  • Restauration 2 à̀ 4 %
  • Pré́visions toutes caté́gories confondues 3 à 5 %

Les familles canadiennes pourraient donc devoir dépenser environ 9420 $ au total pour se nourrir en 2017

Source: Rapport 2017 sur le prix des aliments, Université Dalhousie

L’insécurité alimentaire au Québec

171 800 personnes par mois ont reçu de l’aide alimentaire en 2016

10,8 % de ces personnes aidées ont un emploi

34,5 % des demandes d’aide étaient pour des enfants

999 369 repas et 427 177 collations ont été donnés en 2016

12 % des ménages sont touchés au Canada

Source Bilan-Faim 2016 et PROOF - Food insecurity policy research