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Manque de ressources pour les «bombes à retardement»

Frédérick Gingras
Photo d’archives, courtoisie denis germain Frédérick Gingras, 21 ans, a été arrêté à Brossard après sa cavale meurtrière à Pointe-aux-Trembles, tard dimanche soir. Il souffre de problèmes psychiatriques, selon sa mère.

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Faute de financement, d’autres patients aussi à risque que l’homme accusé des deux meurtres de Montréal-Est pourraient être échappés par le système, craignent des organismes.

«Il pourrait y avoir de plus en plus de ces cas», s’alarme Yvan Vachon, directeur du centre de traitement en dépendance Nouvelle Vie, à Saint-Jean-de-Matha.

C’est là que Frédérick Gingras, l’auteur présumé de la cavale meurtrière de Montréal-Est et de Pointe-aux-Trembles, a effectué une thérapie de huit mois.

L’homme de 21 ans était une «bombe à retardement» selon sa mère, chez qui il est retourné vivre en 2016, contre la recommandation du centre qui l’aurait plutôt dirigé vers un organisme de réinsertion sociale.

«Avec l’arrêt de sa médication, et la prise de drogues psychotropes, il a commencé à se désorganiser», analyse M. Vachon deux jours après les évènements.

Selon lui, aucune ressource n’existe dans Lanaudière pour effectuer un suivi adéquat avec les personnes qui ont des problèmes judiciaires, psychiatriques et de consommation, comme Frédérick Gingras.

«Le système psychiatrique ne marche pas», critique Doris Provencher, directrice de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec. Trop peu de centres spécialisés accueillent les personnes en crise qui sont, selon elle, «inoffensives dans 99 % des cas».

Manque de ressources

À Montréal, six de ces centres sont en service. L’un d’eux, le centre l’Autre maison, est aux prises avec une hausse des besoins et une baisse de son budget.

«La situation est très difficile», indique sa directrice, Isabelle Ferland.

«Tous les organismes sont dans la même situation, il y a une pénurie d’argent», dit Alice Charasse, directrice du Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale (RACOR).

Encore faut-il que les patients veuillent se prendre en main.

Les psychiatres, critiqués par la mère de Frédérick Gingras pour l’avoir «remis dehors», ne peuvent garder un patient contre son gré, sauf s’il représente une menace imminente, explique Olivier Farmer, psychiatre au CHUM et chef de la psychiatrie urbaine.

La solution privilégiée par son ordre professionnel est la mise sur pied de plus d’équipes mobiles par les hôpitaux, pour assurer un suivi au domicile des patients qui seraient autrement ignorés par le système.

Encore une fois, admet-il, c’est l’argent qui fait défaut.