/news/society
Navigation

La police de la SQ ne veut plus aller à Lac-Simon

Une chef autochtone craint qu’on descende un agent

Lac Simon
Photo David Prince, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

VAL-D’OR | Les policiers de la SQ de Val-d’Or et de Senneterre ne veulent plus patrouiller à Lac-Simon depuis que la chef de la communauté a dit craindre l’assassinat d’un agent.

Adrienne Jérôme, la chef de la communauté autochtone de Lac-Simon, près de Val-d’Or, a indiqué dans une entrevue au Journal dimanche que le lien de confiance entre les 1200 citoyens de sa communauté et la SQ était rompu. Surtout depuis que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé qu’il n’y aurait pas d’accusations contre les six policiers qui avaient été suspendus à la suite d’allégations d’agressions de femmes autochtones.

« J’ai peur »

«J’ai peur qu’il y en ait un qui se dise f... la police pour vrai et qu’il en descende un. C’est rendu à ce point-là. C’est déjà arrivé et ça ne doit pas arriver encore. Ça doit se régler sur le plan politique», avait-elle dit.

La SQ patrouille dans cette communauté depuis l’assassinat du policier du corps de police de Lac-Simon Thierry Leroux le 13 février. «Il faut sortir de là. Les policiers ne veulent plus patrouiller à Lac-Simon. La SQ est en train d’envoyer des policiers d’autres régions pour couvrir ce territoire», a dit le président de l’Association des policiers provinciaux du Québec, Pierre Veilleux.

Le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe, a réfuté les informations de médias qui ont publié mardi que la Sûreté du Québec quittait Lac-Simon.

«Nous sommes en discussion avec le chef de police de Lac-Simon. Lorsqu’il aura les effectifs nécessaires, la situation va revenir à ce qu’elle était avant les événements de février», a-t-il mentionné.

Selon nos informations, les policiers de la SQ réduiront progressivement leur présence à Lac-Simon dans les prochains jours. Le corps de police autochtone aurait assermenté six policiers supplémentaires.

Une crise dispendieuse

Par ailleurs, le nombre d’heures supplémentaires des policiers de la SQ de Val-d’Or a plus que doublé depuis un an dans la foulée de la crise autochtone et de la desserte de la communauté de Lac-Simon, a-t-on appris par une demande d’accès à l’information.

Pour l’année 2015-2016, les policiers du poste de la MRC Vallée-de-l’Or ont effectué 15 407 heures supplémentaires alors qu’ils n’en avaient fait que 6684 en 2014-2015.

Toutes ces heures supplémentaires ont coûté près de 625 000 $ à la SQ.