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L’exploit de Lysanne Richard

La Québécoise s’est vite fait un nom sur le circuit de haut vol

L’exploit de Lysanne Richard
Photo Courtoisie Lysanne Richard

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La FINA a couronné Lysanne Richard du titre de meilleure plongeuse de haut vol de la planète, dimanche. L’exploit de la Montréalaise d’adoption est grand : même si le circuit féminin de haut vol est jeune, y faire sa place n’a rien d’évident.

Elles étaient 10 à s’élancer à la Coupe du monde de la FINA à Abou Dabi. Et seulement six à parcourir la planète dans le cadre de la série Red Bull Cliff Diving, à qui se greffaient deux invitées pour chaque compétition.

Sur le circuit Red Bull, le processus de sélection des plongeuses est strict. Il faut que les filles envoient des vidéos de leurs sauts. C’est ainsi qu’elles démontrent leurs aptitudes, leur capacité à effectuer trois mouvements différents lorsqu’elles s’élancent depuis la plateforme située à 20 mètres de l’eau.

Et une fois qu’elles se taillent une place à temps plein sur le circuit, il leur faut demeurer compétitives pour la conserver l’année suivante.

«Pour s’assurer d’être sur le circuit Red Bull la saison suivante, il faut finir l’année parmi les quatre premières, explique Richard. Il n’y a aucune garantie.»

Six podiums

C’est ce qu’a fait Richard cette saison. Titrée à Abou Dabi, la plongeuse de 35 ans a ajouté deux victoires sur le circuit Red Bull. En huit épreuves, incluant celle de la FINA, elle est grimpée six fois sur le podium.

Cette constance lui a valu le deuxième rang au classement de la série Red Bull. Pas mal pour une athlète qui en était à sa deuxième année complète sur ce circuit.

Pas mal aussi pour une femme qui concilie compétition et famille. Lysanne Richard est la maman de trois enfants. Le plus vieux a 14 ans. Quand les compétitions se tiennent aux États-Unis ou au Mexique, sa petite famille l’accompagne généralement.

C’est plus difficile pour les épreuves qui se déroulent en Europe. Comme celles à Mostar, en Bosnie, aux Açores, au Portugal, ou dans la mythique Polignano a Mare, ce village italien où plonger depuis les falaises fait partie de la culture locale.

Red Bull a le don de trouver des endroits télégéniques...

«J’amène ma famille le plus souvent possible, mais il y a des endroits où c’est vraiment dispendieux, pointe Richard. Généralement, pour une compétition, je suis partie pendant cinq jours. Ça se gère assez bien.»

Des envies olympiques

Richard est la première plongeuse de haut vol canadienne à recevoir le titre de la FINA. Elle est aussi la seule athlète du pays à faire partie du circuit présentement.

Elle espère que ses performances inspireront la relève. «Je suis la seule pour le moment, mais j’ai hâte qu’on soit plus», rigole-t-elle.

Même si elle a atteint la mi-trentaine, Richard ne compte pas s’arrêter de sitôt. Pour continuer à inspirer les jeunes, mais aussi parce qu’après avoir plongé dans des lieux mythiques, elle rêve de Tokyo. C’est là que se tiendront les prochains Jeux olympiques d’été.

Le plongeon de haut vol n’est pas encore entré dans la grande famille olympique, mais Richard se croise les doigts pour qu’il y soit d’ici à quatre ans. Sinon, elle est même prête à attendre jusqu’en 2024.

De toute façon, dans cette discipline, la mi-trentaine est la fleur de l’âge. Il faut un certain bagage de vie pour trouver le courage de s’élancer depuis un tremplin de 20 mètres.

«C’est un des sports qui demandent le plus d’aptitudes mentales, alors c’est quelque chose qui s’acquiert avec le temps», relève-t-elle.