/finance/opinion/columnists
Navigation

L’employé municipal: le champion de la rémunération au Québec

Coup d'oeil sur cet article

Des trois paliers de gouvernement, fédéral, provincial et municipal, ce sont les employés municipaux qui gagnent, et de loin, la rémunération la plus élevée.

Quand on combine le salaire, le régime de retraite et les autres avantages sociaux, l’employé municipal gagne en moyenne cette année 41,5 % de plus que le fonctionnaire employé par le gouvernement du Québec. Vous avez bien lu un incroyable écart de 41,5 %.

Comparativement au fonctionnaire fédéral qui travaille au Québec, l’écart est moins grand. Mais le salarié municipal devance tout de même «son» collègue fédéral de 22,8 % au chapitre de sa rémunération globale.

DILEMME

Convenons qu’il y a de l’illogisme dans la rémunération des fonctionnaires. Non, mais quel dilemme salarial! Est-ce l’employé municipal qui gagne une rémunération nettement trop élevée? Ou est-ce le fonctionnaire provincial ou le fonctionnaire fédéral qui est «sous-payé» pour effectuer un travail similaire?

La question mérite d’être posée puisqu’on parle bien ici de rémunération pour un travail comparable. Les données sur la rémunération des salariés compilées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) portent sur des postes comparables dans les catégories d’emplois suivantes: professionnels, techniciens, employés de bureau, employés de service, ouvriers.

SECTEUR PRIVÉ

Dans son étude «Rémunération des salariés: état et évolution comparés 2016», l’ISQ compare des pommes avec des pommes. Ont donc été écartés de l’étude les emplois spécifiques de certains secteurs gouvernementaux, comme les enseignants et les infirmières. De tous les salariés œuvrant au Québec, le champion de la rémunération c’est le fonctionnaire municipal. Car là aussi, il devance de beaucoup les salariés du secteur privé.

En analysant les données de l’ISQ, je constate que la rémunération globale de l’employé municipal dépasse en moyenne de 21 % la rémunération versée au salarié syndiqué de l’entreprise privée. On fait quand même référence ici à un grand nombre de syndiqués travaillant pour des entreprises importantes.

Cet écart de rémunération «municipal/privé syndiqué» se compare à l’écart «municipal/fédéral» rapporté plus haut.

Mais lorsqu’on compare la rémunération de l’employé municipal à celle du salarié non syndiqué du secteur privé, là ça dépasse l’entendement.

Pour un travail comparable, le fonctionnaire municipal gagne 47,6 % de plus que le travailleur du secteur privé.

Un tel écart se passe de commentaires, les chiffres parlant d’eux-mêmes.

ÇA EMPIRE

Autre constat pas piqué des vers. Depuis 2009, l’année de la récession, l’écart entre la rémunération globale des employés municipaux et celle des autres salariés s’est nettement creusé.

À l’avantage des employés municipaux, bien entendu. De 2009 à 2016, l’écart avec les fonctionnaires provinciaux est passé de 24,7 % à 41,5 %.

Par rapport aux employés syndiqués du secteur privé, l’écart en faveur des salariés municipaux est passé de 14,7 % (en 2009) à 21 % cette année.

Si vous vous demandez pourquoi votre compte de taxes municipales s’est fortement apprécié depuis 2009, vous saurez que la rémunération de «vos» employés compte pour beaucoup dans la hausse.