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Que le vrai Donald Trump se lève !

Wall Street
AFP

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Donald Trump, qui avait promis de nettoyer le merdier qu'est devenue la politique américaine, semble avoir pris une direction contraire avec certaines nominations à son Cabinet.

Pendant la campagne électorale, Trump a pesté contre les banques, en particulier Goldman Sachs à qui plusieurs reprochent d’être une des grandes responsables de la crise financière de 2008.

Il a même accusé son adversaire républicain Ted Cruz et Hillary Clinton d’être à la solde de Goldman Sachs, la reine de Wall Street.

Goldman Sachs en vedette

Oublions ses attaques répétées contre Goldman Sachs, son Cabinet comprendra quatre ex-cadres de la banque : Steve Bannon, son stratège en chef et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, Wilbur Ross, secrétaire au Commerce, Cathy McMorris Rodgers, secrétaire de l'Intérieur et la plus grosse prise de toutes, Gary Cohn, l’actuel président de Goldman Sachs, dirigerait le National Economic Council (il n'aurait pas encore accepté le poste). Cohn travaille pour Goldman Sachs depuis 25 ans.

Les loups de Wall Street

Le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, appartient aussi à l’élite de Wall Street. Sa spécialité ? Acheter des entreprises en difficulté pour des pinottes, congédier un maximum d’employés et les revendre en réalisant un bon profit.

Business as usual sur Wall Street mais comment Donald Trump arrive-t-il à réconcilier tout cela avec sa prétendue proximité avec les Américains écrasés par le système qu’il dit vouloir défendre ?

Ross vaut 2,5 milliards $US.  

Secrétaire à la Pauvreté ?

Andy Pudzer, secrétaire au Travail, est un magnat de la restauration rapide. Il s’oppose à toute hausse du salaire minimum au-delà de 9 $US et à l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie du fast food, une des sources principales de ce qu’on appelle les ‘working poor’.

Trump qui a promis de créer de bons emplois bien payés s’est adjoint un ministre du Travail qui préfère les robots aux employés humanoïdes car, a-t-il dit il y a quelques mois qu‘ils sont toujours polis, ne prennent pas de vacances, travaillent tout le temps, ne sont jamais en retard ni malades et ne se plaignent pas de discrimination’.

Pudzer a fait lui aussi ses classes dans la haute finance en tant que gestionnaire de fonds spéculatifs (hedge funds).

Aux dernières nouvelles, il semblerait que Rex Tillerson, le président de la plus grande pétrolière au monde, Exxon Mobile, sera nommé secrétaire d’État, responsable de la politique étrangère des États-Unis. Peu d’Américains sont aussi proche de Vladimir Poutine que Tillerson.

Qui est le vrai Donald Trump ?

J’ai lu et entendu des dizaines de discours de Donald Trump depuis qu’il a annoncé son intention de se présenter à la présidence américaine. Je trouve le personnage fascinant.

Tout ce qu’il propose n’est pas mauvais – je le pense vraiment - mais comment l’Américain ordinaire des red states, celui qui aimerait que l’Amérique redevienne une grande puissance (mais pas sur son dos) et qui a vu en Trump l’homme qui saurait enfin débarrasser la politique américaine de l’influence des banquiers, qui ne pliera jamais devant les élites, comment réconcilier ces idéaux et les promesses du président-élu et la réalité qui se dessine à travers ces nominations ?

Je sais que plusieurs lecteurs appuient Trump et c’est leur droit. Ils aimeraient voir la politique canadienne et québécoise prendre le même tournant. C’est ça la démocratie. Je pense même que Bernard Gauthier sera élu dans Duplessis.Je comprends parfaitement le ras-le-bol que nous ressentons tous, même si nous n'avons pas les mêmes solutions. Mais...

Comment réagissent-ils à ce qui semble être une trahison de la part de Donald Trump ?

Après tout, on doit lui souhaiter d’être un bon président. C'est dans l’intérêt de tous.