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L’arnaque de la dictature bancaire continue

Tied Bag of Money
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Où sont les lois naturelles du marché?

Des fumistes n’ont de cesse de vous répéter dans les médias que le marché est un ordre naturel qui répond donc à des lois «naturelles», fondées sur une vive concurrence qui aboutit évidemment toujours au juste prix des biens et des services ainsi qu’à l’équilibre.

Par contre, le marché aux lois naturelles est radical : seuls les forts résistent et les faibles agents économiques sont sortis du marché dans ce monde d’affairistes implacables et féroces. La nature économique épure le marché de ses morons. Bon ben, ça c’est l’histoire bleu poudre, rose bonbon qui vous est racontée pour vous endormir au gaz.

Alors si tout ce baratinage est vrai, comment se fait-il que dans le monde bancaire canadien, un cartel de fait selon la prestigieuse revue The Economist, il n’y a depuis toujours que des gagnants qui, en plus, réalisent des profits records chaque année? Il n’y a que des gagnants dans le merveilleux monde des institutions financières canadiennes, jamais de perdants. Tout de même bizarre?

Par le biais de l’État, c’est la population tenue en otage qui prend, à ses frais, la majorité des prêts risqués que les banques privées ne veulent pas. Mentionnons comme banque étatique la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL), Investissement Québec, la Banque de développement du Canada (BDC) et Exportation et développement du Canada (EDC), etc.

C’est tout de même cocasse, mais dans ces cas, les banques privées ne crient pas à la concurrence déloyale des banques publiques et n’appellent pas à leur privatisation. Pourquoi donc? Vous vous pensez libres de choisir la banque privée que vous voulez et qui vous offre les meilleurs prix?

Détrompez-vous, elles sont toutes pareilles. Allô liberté de choisir! Ou alors liberté de choisir la même chose?

Les banques canadiennes écrivent et font les lois

Dans toute sa candeur, le ministre libéral de l’Agriculture du Québec, monsieur Pierre Paradis a dit : «Les géants des pesticides sont plus puissants que l’État» (Le Devoir, 23 octobre 2015). Pas seulement les géants des pesticides monsieur Paradis. Encore plus, les banques, les pétrolières, les pharmaceutiques, les détaillants comme Walmart, les compagnies ferroviaires comme le CN et le CP, etc. Et si elles sont plus puissantes que l’État, c’est grâce à la complicité de politiciens corrompus qui réduisent volontairement et continuellement la taille de l’État et qui votent des lois accommodantes qui octroient toujours plus de pouvoirs aux compagnies et moins aux élus, comme dans le cas des traités de libre-échange négociés en privé par des représentants du privé. Pensons ici à Pierre-Marc Johnson.

En plus de financer abondamment les partis politiques, les banques canadiennes embauchent des centaines de lobbyistes et d’ex-politiciens et ont toujours eu, comme c’est le cas actuellement au Québec et à Ottawa, des ministres influents dans les gros partis provenant de leur milieu comme chez les libéraux et les conservateurs.

 Ça fait que, dans les faits, ce sont les banquiers qui dictent les lois à promulguer à leurs pantins politiques au pouvoir, mais qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, sauf quand vient le temps de s’attaquer aux programmes sociaux, aux instruments collectifs, aux contrats de travail, etc. du monde et des travailleurs ordinaires qu’ils taxent sans retenue.

Encore et toujours des profits indécents

Pour le quatrième trimestre de l’année 2016, que vois-je, comme toujours, dans les journaux :

  • -«Le bénéfice de la Banque Scotia grimpe de 9%» (Le Devoir, 30 novembre 2016). Bravo!
  • -«Le profit de la Banque TD bondit de 25% et CIBC : hausses du bénéfice net» (Le Devoir, 2 décembre 2016). Félicitation!
  • -«Le bénéfice net de la Banque de Montréal croît de 11%» (Le Devoir, 7 décembre 2016). J’exalte et ma joie surabonde. C’est l’extase totale et intégrale. Des bénéfices mesurés en milliards de dollars et ça, pour un seul trimestre. Ah non, faut surtout pas penser à taxer les banques. Ça fait de nous des socialistes et des jaloux qui s’en prennent injustement aux riches, si on agit de la sorte.

Mais, faut encore plus de profits : hausse des taux hypothécaires

Ben oui, rien n’arrête la cupidité et l’avidité de ces rapaces financiers qu’il faut continuellement nourrir en arnaquant les consommateurs captifs, pris en otage par ces dictateurs économiques

Alors, on vient donc d’apprendre que : «RBC (Banque Royale) augmente ses taux hypothécaires résidentiels» (TVA nouvelles, 15 novembre 2016). Vous croyez peut-être naïvement que d’autres banques vont, elles, au contraire diminuer leurs taux d’intérêt ou les laisser tels quels?

Mais non, détrompez-vous, car l’économiste du Mouvement Desjardins, Mathieu D’Anjou, a affirmé que : «Les autres institutions bancaires emboîteront sans doute le pas». Même la pseudo-coopérative Desjardins va embarquer dans la parade afin de filouter le monde comme le font les autres. Desjardins est solidaire de ses consœurs bancaires. Que c’est donc beau la fraternité. Chanceux que nous sommes.

À la fin de 2016, les banques canadiennes en chœur viennent d’augmenter leurs taux d’intérêt hypothécaires. Et ben, au début de 2016, on a eu aussi droit à une autre «nécessaire» hausse de taux.

Où sont donc les élus afin de protéger les consommateurs contre ces bandits à cravate? « La CIBC relève certains de ses taux hypothécaires. La banque suit le mouvement amorcé par la TD en décembre» (Le Devoir, 13 janvier 2016). «And the beat goes on», que chantaient Sonny and Cher dans les années soixante.

Absolument rien ne justifie ces hausses abominables, excepté le besoin de la dictature bancaire canadienne d’en donner plus à leurs actionnaires et à leurs dirigeants sur le dos des consommateurs qui deviennent alors les dindons de la farce.

Et pourquoi pas augmenter les frais bancaires?

En prime, toujours en 2016, après deux hausses des taux d’intérêt hypothécaires, le party bancaire s’est poursuivi avec de juteuses augmentations de frais bancaires : «Frais de service. Des banques haussent les tarifs» (Le Journal de Montréal, 17 juin 2016). Merveilleuse efficacité du privé, nettement supérieure au public, hein? Responsabilité sociale d’engranger des profits pour l’élite, nous avions donc eu droit, en 2015, à des hausses similaires. La partouze bancaire continue sur le dos de leurs sujets et esclaves : «Plusieurs services touchés. Des frais bancaires en hausse» (TVA nouvelles, 25 avril 2015).

Justin Trudeau au service des banques

La balloune de Justin se dégonfle vite. Afin de nous rendre toujours plus prisonniers des comportements abusifs des banques qui détroussent régulièrement les clients, Justin Trudeau, pliant devant le puissant pouvoir des banques canadiennes, veut diminuer à rien la protection des consommateurs québécois face à la mafia bancaire par l’adoption envisagée de la loi C-29 : «Banques. C-29 : les notaires craignent pour la protection des consommateurs» (Le Devoir, 7 décembre2016). «Money talks». Au Parti libéral du Canada, la devise est: chassez le naturel, il revient vite au galop. Vraiment indécent de vouloir enlever aux consommateurs le peu de droits qu’ils ont face au mammouth bancaire canadien : «Projet de loi C-29, Trudeau et les banques : Promesse rompue» (Le Devoir, 5 décembre 2016).

Pour plus de profits : payer moins d’impôts grâce aux paradis fiscaux

C’est un fait irréfutable que les banques canadiennes, avec leurs nombreuses filiales dans les paradis fiscaux, sont parties prenantes de l’évasion fiscale qui prive le Canada et le Québec de milliards de dollars chaque année. Ces truands qui disent aux gouvernements de couper en permanence dans nos programmes sociaux et de privatiser nos instruments collectifs, ce que font avec empressement ces larbins de politiciens.

Selon le dernier rapport de Statistique Canada, seulement pour l’année 2015, les particuliers et les compagnies canadiennes ont expédié 272 milliards de dollars dans tous les paradis fiscaux comprenant 187G$ dans les Caraïbes, 80G$ à la Barbade, 49G$ aux îles Caïmans, 33G$ aux Bahamas, etc.

Uniquement dans les petites îles des Caraïbes, des repaires de bandits contrôlés par la classe dominante mondiale, le détournement de fonds (et impôts) à ces endroits de quelques milliers d’habitants effectués par des Canadiens est passé de 152,4G$ en 2014 à 186,5G en 2015, soit une «petite» hausse de 34,1G$ ou de «seulement»  22,4%.

Y’a rien là!  (Le Journal de Montréal, le 7 décembre 2016 : «Année record pour l’argent canadien envoyé au Soleil»). Pourtant, à chaque année, les gouvernements du Québec et d’Ottawa feignent, les hypocrites, vouloir s’attaquer aux gestes criminels de l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux comme encore cette année: «Ottawa entend attraper les évadés fiscaux, paradis par paradis» (Le Devoir, 12 avril 2016). On te croit, menteur.

Dire qu’un simple petit embargo économique des pays occidentaux jumelé à l’interdiction des paradis fiscaux d’utiliser leur monnaie et leur chambre de compensation et d’interdire à leurs banques nationales d’y faire affaire éliminerait ces refuges de criminels en moins d’une journée. Pourtant, les pays occidentaux, avec en tête de liste les Etats-Unis, sont prompts à instaurer d’immondes embargos économiques contre plusieurs pays dont Cuba, l’Irak, l’Iran la Russie, etc.

Mais Justin Trudeau, devenu un «vrai» politicien avec ses activités à plus de 1000$ le couvert, a réitéré, en 2016, sa ferme volonté de continuer à reconnaître l’évasion fiscale pratiquée à la Barbade (80G$ seulement en 2015 détournée par de canadiens) et donc de rendre légal ce qui est criminel et qui mériterait la prison. Je vous l’ai dit plusieurs fois, c’est la «loi» du plus fort : «La Barbade restera un paradis» (Le Devoir, 27 octobre 2016). La Barbade comme les autres «pays» fiscaux souvent plus petits en termes de population que Terrebonne ou Rimouski.

L’humour des comptables et des banquiers

Il n’y a pas beaucoup de gens plus hypocrites et mesquins que les banquiers, les comptables et les avocats. Tout le monde sait fort bien que dans le trafic de l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, ça prend obligatoirement la participation active de banques et de bureaux de comptables et d’avocats.

Mais, en bons visages à deux faces (et plus) qu’ils sont, ils ont récemment affirmé, la main sur le cœur afin de mieux vous méprisez, que : «Paradis fiscaux. C’est pas de notre faute, disent les comptables» (Le Devoir, 13 mai 2016). Ben non, ça doit être la faute aux cols bleus de la ville de Montréal! Y’ont le dos large et les médias aiment bien s’en prendre continuellement à ces derniers pour la moindre peccadille insignifiante.

Mais c’est facile et ça fait dans le sensationnalisme. Quant à nos amis banquiers, ils ont juré que : «Les banques affirment freiner l’évasion et l’évitement  fiscaux. Des avoirs canadiens de 300 milliards$ dorment à l’étranger à l’abri de l’impôt» (Le Journal de Montréal, 18 novembre 2015). Donc, si en 2015, d’après Statistique Canada, le gratin du Canada a détourné 272G$ dans tous les paradis fiscaux en général et 187G$ dans les Caraïbes seulement, ce n’est pas du tout la faute de nos philanthropiques banques canadiennes et de nos bienfaisants bureaux de comptables professionnels. Alors, qui agit comme intermédiaire et complice de ces mécréants et escrocs? Peut-être les regroupements écologistes? Ou bedon les syndicats? Ou encore les socialistes et intellectuels du Plateau Mont-Royal avec leur maire Luc Ferrandez?.

 

L. Jacques Ménard de BMO pour terminer en beauté

Le top lucide L. Jacques Ménard de la Banque de Montréal en a largué une autre grandiose pensée très hautement songée : «Point chaud. Chacun peut (et devrait) donner. Pour le président de BMO Groupe financier L. Jacques Ménard, la philanthropie est un des devoirs du citoyen» (Le Devoir, 21 décembre 2015).

Surprenant tout de même cet article, si on peut l’appeler ainsi, en première page du très sérieux journal Le Devoir.

Ça envoie des milliards de dollars dans les paradis fiscaux où BMO a des filiales et des apparentées et ça vient nous faire la morale et la leçon, amplifiées par les médias, sur l’obligation morale de donner et de faire les niaiseries! Les banques canadiennes qui expédient des milliards de dollars dans les paradis fiscaux pour leur propre compte et pour celui de leurs clients et qui en retour, pour se donner bonne conscience et pour manipuler le monde, «donnent» ici et là un peu d’argent à leurs organismes de bienfaisances qu’ils choisissent eux-mêmes. Il y a même des journalistes et chroniqueurs, comme l’ineffable Jean-Pierre Décarie à La Presse, qui a pondu un article de type «publicitaire» intitulé: «Jacques Ménard. Philanthrope (sic) et engagé convaincu (sic)» (La Presse, 1er septembre 2012).

Un Che Guevara ou un Fide Castrol, quoi! Mon cher Jean-Philippe, sois assuré en bon chrétien pratiquant que je suis, de mes prières et de quelques lampions que je t’offre en bon «philanthrope» que je suis.