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Day Trading: à vos risques et périls

Day Trading: à vos risques et périls
Illustration fotolia

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L’activité semble sexy. Vous déposez vos économies durement gagnées dans un compte de courtage en ligne puis, à temps complet ou partiel, vous échangez vos titres boursiers à la vitesse de l’éclair.

Vous économisez sur les frais financiers et conservez 100 % de vos gains mirobolants! Ça, c’est la partie folklorique. La réalité est cependant bien loin des films Wall Street et The Big Short. La négociation sur séance, communément appelée Day Trading par des particuliers qui tentent de déjouer le marché, est bien plus risquée qu’on veut bien nous le laisser croire.

Ils perdent de l’argent

Une récente étude conduite sur 12 mois par la firme de courtage eToro de Grande-Bretagne conclut que 80 % de ses 83 300 clients investisseurs autonomes perdent de l’argent durant l’année. La perte médiane est de -36,3 %. Ouch! Cela correspond également à une étude encore plus vaste dévoilée en 2010 par l’Université Berkeley de Californie.

L’enquête menée de 1992 à 2006 portant sur les transactions de plus de 300 000 investisseurs autonomes concluait qu’à long terme (plus de 5 ans) seulement 1,6 % ne perdent pas d’argent. Pire, plus de 40 % abandonnent ce loisir onéreux au bout de trois mois seulement. Non, tenter de déjouer le marché nécessite des nerfs d’acier, et c’est rarement lucratif.

Mais alors pourquoi cette activité appauvrissante gagne-t-elle en popularité?

Une mine d’or pour les banques

L’investissement autonome est très populaire. Les banques ne négligent aucun effort pour séduire la clientèle cible en présentant la négociation en ligne avec des lunettes roses. Ce n’est pas pour rien qu’elles ont toutes leurs filiales en courtage à escompte. C’est là une source importante de revenus faciles.

Pendant que le client fait tout le travail, assure lui-même la maintenance de son ordinateur et sa connexion internet et accumule les pertes... elles siphonnent des frais administratifs, de courtage, de recherche, de change des devises, des frais de suivi des fonds et/ou de gestion des FNB maison et d’intérêt des comptes sur marge.

En prime, nul besoin de préparer des planifications financières complexes, de soutenir un réseau de conseillers et de débourser pour de coûteuses assurances responsabilité en cas d’erreur ou omission. Quelle aubaine!

Conseils

  • Même si vous vous considérez expert en finance, prenez 3 à 6 mois de gestion simulée. Le temps de vous habituer aux logiciels et à la volatilité des marchés
  • Plus vous faites de transactions, plus vos risques de pertes financières sont élevés
  • Si vous faites partie des rares chanceux qui font des profits, réservez la moitié de vos gains dans un compte d’épargne comme réserve pour impôts
  • Si le Day Trading est votre occupation principale, les gains dans vos REÉR et CÉLI peuvent devenir imposables. L’ARC pourrait conclure que votre occupation correspond à l’exploitation d’une entreprise.