/news/currentevents
Navigation

Forces canadiennes: demande d’action collective pour discrimination raciale

Bloc militaires canadiens armée canadienne Forces canadiennes

Coup d'oeil sur cet article

Les Forces canadiennes sont visées par une demande d’action collective, cette fois pour une question de discrimination raciale.

Deux hommes noirs et un autochtone soutiennent avoir été victimes d’insultes, de situations de harcèlement et de menaces «violentes» qui ont été «tolérées ou ignorées» alors qu’ils servaient dans l’armée, selon le document juridique déposé en Cour fédérale à Halifax en Nouvelle-Écosse, le 14 décembre dernier.

«Quand des personnes s'enrôlent dans les Forces canadiennes, elles s'attendent à servir, à promouvoir et à protéger les idéaux qui nous sont chers et dont nous profitons en tant que Canadiens, soit l'égalité, la justice fondamentale et la dignité humaine», a mentionné Me Scott Campbell, avocat représentant les trois plaignants, dans un communiqué publié mercredi.

«Nos clients avancent que l'institution même sur laquelle nous comptons pour promouvoir ces idéaux dans le monde a bafoué leurs droits fondamentaux et ceux des personnes qu'ils représentent», a-t-il ajouté.

Traité de «nègre»

Jean-Pierre Robillard, un homme d’origine haïtienne du Nouveau-Brunswick, dit notamment avoir été attaqué par un militaire en raison de sa race. Rien n’a toutefois été fait après qu’il eut rapporté l’agression à ses supérieurs à la base de Borden en Ontario. M. Robillard affirme aussi s’être fait régulièrement traiter de «nigger» («nègre») par un collègue. Lorsqu’il s’est plaint à son officier, il s’est seulement fait répondre de frapper celui qui l’insultait. Aucune mesure n’a été prise à l’endroit du fautif.

Dans le document juridique du recours collectif, il mentionne également avoir été victime de harcèlement et de discrimination lorsqu’il était à la base de Valcartier, près de Québec, en attendant un déploiement.

De son côté, Marc Frenette, un Abénakis, soutient que ses problèmes ont commencé après quatre ans de service, lorsque ses collègues ont appris qu’il était autochtone vers 2010. Il a alors été régulièrement insulté et victime de blagues discriminatoires.

Il a été particulièrement choqué par un événement survenu en février 2015 à la base de Petawawa, lorsqu’un autre militaire lui avait placé un briquet entre ses jambes en affirmant «qu’il était temps de brûler les Indiens avant qu’ils ne brûlent d’autres wagons».

Même si toutes ses plaintes avaient été ignorées jusque-là, le cas de M. Frenette a fait l’objet d’une enquête interne des Forces qui avait été cinglante concernant ce qu’il a dû endurer, ainsi que l’indifférence de ses supérieurs.

Les trois hommes qui ont entamé ce recours collectif ont dit souffrir de séquelles psychologiques en raison de ces abus.

Un juge devra approuver cette demande d’action collective avant que la poursuite puisse aller de l’avant.

Les Forces canadiennes sont déjà visées par d’autres procédures concernant des cas d’inconduites sexuelles.