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« Pas un syndicat de fier-à-bras », dit la présidente du syndicat des cols bleus de Montréal Chantal Racette

Le syndicat tente de redorer son image après une année pleine de controverses

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Musique de Noël, rires et bloopers, le syndicat des cols bleus de Montréal met le paquet dans sa dernière vidéo pour adoucir l’image de sa controversée présidente, qui a connu une année difficile.

«Nous ne sommes pas un syndicat de fier-à-bras», se défend Chantal Racette, dans un message vidéo mis en ligne cette semaine. Elle y lance aussi un appel à la solidarité, alors que la moitié des membres présents en assemblée l’ont désavouée il y a dix jours.

«Depuis mon élection, toutes les actions prises se sont faites pacifiquement et aucun débordement n’a eu lieu», dit Mme Racette, semblant oublier qu’en début d’année, 2000 de ses cols bleus ont été suspendus pour avoir participé au débrayage illégal qu’elle avait organisé.

Espionnage

«Je pense qu’elle a compris qu’elle n’a pas d’autre choix que d’évoluer dans son approche, sinon son règne sera court», estime la professeure de l’UQAM en gestion municipale, Danielle Pilette.

«Elle n’a pas d’appuis à l’extérieur de son syndicat, et l’intérieur est fractionné en deux», explique-t-elle.

Chantal Racette est dans la tourmente depuis que Le Journal a révélé qu’elle a donné des instructions pour qu’un col bleu installe un dispositif de géolocalisation sous les véhicules personnels de deux autres cols bleus.

Les deux syndiqués ciblés poursuivent leur syndicat et sa présidente pour 80 000 $, disant que cet événement est la goutte qui fait déborder le vase après un an de «harcèlement» et «d’intimidation».

«Je n’encourage et ne tolère surtout pas la violence et l’intimidation», dit-elle pourtant à la caméra, ajoutant aussi qu’elle préfère régler les problèmes à l’interne, loin des médias.

Mais les paroles de Mme Racette ont de quoi surprendre, venant de celle qui a traité une juge de «crisse de folle» en février, en plus d’avouer qu’elle voulait «crisser un coup de batte dans le front» de son employeur.

Trop peu trop tard

L’ancien président des cols bleus, Michel Parent, qui dit avoir été poussé vers la sortie, croit que c’est trop peu trop tard.

«Elle essaye de changer son image. Par contre, elle l’a déjà créée son image quand elle a traité la juge de “crisse de folle”», soutient-il.

Selon lui, c’est notamment à cause de cette sortie et du débrayage illégal que les cols bleus ont dû payer une amende de deux millions $ – restée en suspens – pour des trottoirs glacés lors d’une grève du zèle.

Le SCFP n’a pas voulu commenter la vidéo de Mme Racette, si ce n’est que pour rappeler que le directeur québécois du syndicat a dénoncé l’espionnage au sein des cols bleus.

Chantal Racette et le syndicat des cols bleus n’ont pas rappelé Le Journal.