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Lampadaires à DEL : pas de risques pour la santé

La conclusion de la santé publique de Montréal laisse des experts sceptiques

Pollution luminaire - Bernard Tessier
Photo d’archives, Ben Pelosse «Je suis extrêmement déçu du rapport», dit Bernard Tessier, résident de L’Île-des-Sœurs qui voit une grande différence dans la quantité de lumière qui entre dans sa chambre depuis l’installation de lampadaires DEL blanches près de chez lui.

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Changer les lampadaires de rues pour des lumières DEL ne présente pas de risque pour la santé, conclut la Direction de la santé publique de Montréal dans un avis qui en laisse plusieurs sceptiques.

«Aucune étude scientifique n’a démontré de relation de cause à effet entre l’exposition à la lumière bleue la nuit et des problèmes de santé», constate la Direction de la santé publique de Montréal (DRSP) dans un avis publié hier.

De plus en plus de villes choisissent d’installer des lampadaires aux diodes électroluminescentes (DEL), ces lumières qui permettent une grande efficacité énergétique. C’est le cas de Montréal, qui envisage d’en convertir 132 000.

Le DRSP s’est donc penché sur l’impact que pourrait avoir cet éclairage qui a une température de couleur de 4000 °K, soit près du double des lampadaires au sodium traditionnels (voir tableau).

Le Journal rapportait en février que plusieurs citoyens craignent que cet éclairage affecte leur sommeil, tandis que des experts s’inquiétaient des risques sur la santé humaine.

Faible hausse

Le DRSP admet que la lumière bleue affecte la mélatonine, une hormone qui agit sur le sommeil, mais conclut que cet effet n’a été associé à aucun problème de santé.

De toute façon, l’installation de luminaires de rue aux DEL à 4000 °K «n’entraînera qu’une très faible augmentation de l’exposition des citoyens à la lumière, comparativement aux luminaires [...] actuellement en place», indique le DRSP.

Pourtant, l’American Medical Association recommande, dans un avis rendu cette année, un usage maximal de 3000 °K pour éviter les effets potentiels sur la santé, n’ont pas manqué de rappeler des militants antipollution lumineuse déçus des conclusions du DRSP.

<b>Martin Aubé</b><br />
Professeur de physique
Photo d'archives
Martin Aubé
Professeur de physique

Martin Aubé, professeur au cégep de Sherbrooke, qui a notamment modélisé la pollution lumineuse, est sceptique. «Je pense que plusieurs études ont été écartées de ce rapport», a-t-il réagi à chaud, en voulant analyser le document pour en évaluer la crédibilité.

Suivre Toronto

Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal responsable du développement durable, croit que malgré l’avis du DRSP, la Ville devrait opter pour la prudence.

«Les chercheurs [du DRSP] ne semblent pas avoir consulté la même littérature scientifique qu’à Toronto», s’étonne-t-il. La santé publique de la Ville Reine a émis un avis recommandant des luminaires ne dépassant pas 3000 °K en septembre.

Montréal prendra acte du rapport et décidera dans les prochains mois si elle va de l’avant avec son projet de conversion de lampadaires, a indiqué Aref Salam.

 

TEMPÉRATURE DE COULEUR DES LUMIÈRES

  • Bougie: 1500 °K
  • Lampadaire au sodium: 2200 °K
  • Ampoule incandescente: 2700 °K
  • Lampadaire DEL: 4000 °K
  • Flash d’appareil photo: 6000 °K
  • Soleil de midi: 8000 °K