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Oser les mariages inusités

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Mathilde Fays me tend un morceau de chocolat. Une bouchée de bonheur pleine de ganache lactée à la noix de coco, avec juste assez de fruits de la passion pour exciter mes papilles. Elle me regarde et attend, les yeux brillants.

«J’aime beaucoup cette petite pointe d’acidité à la fin», lui dis-je. Elle acquiesce, ravie. Créer de nouveaux mariages de saveurs est une des choses qui la passionnent le plus dans son métier. Lorsque le client apprécie, c’est encore mieux pour cette jeune entrepreneure de 28 ans, en affaires depuis déjà sept ans.

J’engloutis la deuxième moitié, puis l’autre morceau qui attend sur l’assiette avec sa pluie de cari sur le dessus et ses baies roses à l’intérieur. Un régal.

Les chocolats de Mathilde sont tous beaux et bons. Parfaits pour l’hiver, pour réchauffer le cœur et le corps des locaux et celui des visiteurs qui n’hésitent pas à faire plusieurs kilomètres pour découvrir les trésors gastronomiques d’Oka.

Dans ce village bucolique des Basses-Laurentides, qui abrite aussi les fabricants du célèbre fromage d’Oka, la jeune Alsacienne d’origine bâtit tranquillement sa réputation dans un chaleureux ­bâtiment aux allures de vieille grange.

Son aventure chocolatée est la suite logique d’une enfance passée à baigner dans les odeurs et les douceurs de la boulangerie de ses parents, ouverte à Blainville, peu de temps après leur arrivée au Québec. Mathilde avait 16 ans. Après ses études secondaires, elle n’a pas vu l’utilité de traîner plus longtemps sur les bancs d’école. Elle savait ce qu’elle aimait. À 12 ans, elle vendait déjà des viennoiseries aux élèves de son école en Alsace. Et ici, l’école de la vie lui tendait les bras.

L’apprentissage d’un art

Elle a commencé à s’intéresser à l’art de la chocolaterie en travaillant dans la boulangerie de son père. «J’ai presque tout appris par moi-même», dit-elle. Puis le malheur a frappé. Au décès de son père, la boulangerie a été vendue et la petite famille est partie vivre à Oka. Mathilde a travaillé avec sa mère dans l’ancienne boutique des moines de l’abbaye d’Oka, puis au Moulin Lafayette, tout en continuant à créer ses chocolats dans le sous-sol de sa maison avec un vieux frigo et quelques moules de son père. «Je les vendais à des fleuristes du coin», se souvient-elle.

À 23 ans, elle a acheté le commerce actuel avec la ferme intention de réussir. «Ça n’a pas été facile au début, mais fermer n’a jamais été une option pour moi, dit-elle. Au contraire, chaque obstacle a toujours été pour moi une nouvelle occasion de grandir.»

Sa ténacité et son souci de bien faire les choses ont porté ses fruits. Ses chocolats, façonnés sans moules et soigneusement décorés à la main, ont ce petit côté imparfait qui leur confère tout leur charme, et leurs saveurs inusitées ébranlent agréablement notre palais, comme celui au yogourt de brebis et cet autre à la rhubarbe et au thym citronné. Plus de la moitié de ses chocolats fins sont d’ailleurs fabriqués, en partie, avec des ingrédients locaux.

Ils sont maintenant offerts dans un peu plus de 50 points de vente au Québec. Elle a aussi trouvé des acheteurs aux États-Unis, en Pologne et au Maroc en vendant ses produits sur la boutique en ligne Etsy.

Produits vedettes

Chocolats fins

Piment et vanille, cari et baies roses, ­ganache lactée au miel de sarrasin sur un florentin de ­sésame, caramel au cidre de glace, ­ganache lactée à la prune et infusion de lavande, ganache au basilic frais sur une pâte de fraises du Québec, etc.

Tablettes de ­chocolat, gâteaux, bûches de Noël et ­nougat artisanal.

Photo Mathilde Fays chocolats

Boule de chocolat chaud

Une boule de chocolat renfermant du cacao et des guimauves à faire fondre dans une tasse de lait chaud.

Tous les points de vente en dehors de la boutique sont ici : chocolateriemf.com/apps/points-de-vente

► Mathilde Fays chocolaterie

47, rue Notre-Dame

OKA ( Québec )

514 622-9411