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Jeux de poudreuse à Sutton

Jeux de poudreuse à Sutton
PHOTO COURTOISIE MATHIEU DUPUIS

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Il est cinq heures du matin et un coup d’œil dehors me révèle l’état de la situation... Mon véhicule est complètement enseveli sous les 35 centi­mètres de la dernière bordée de neige. Je m’empresse de finir mes préparatifs afin de prendre la route en direction du mont Sutton, dans les Cantons-de-l’Est.

Au programme, une journée de ski en poudreuse dans l’un des plus beaux sous-bois du pays! La rumeur veut que ce secteur cumule des précipitations de plus de 50 cm. Le rendez-vous sur les pistes est très tôt afin de faire les premières traces dans la neige folle avec quelques habitués. La route depuis Montréal est pénible, les conditions sont exécrables, mais l’effort en vaudra le coup. Chaque année, j’attends ces fameuses tempêtes avec impatience et chaque fois, ces journées sont inoubliables!

Jeux de poudreuse à Sutton
PHOTO COURTOISIE MATHIEU DUPUIS
Vue magnifique depuis le chalet du sommet.

Le mont Sutton se distingue des autres montagnes. Cette station de ski a un cachet bien parti­culier. On y ressent une certaine ambiance de montagne que l’on retrouve surtout dans l’ouest, où la culture du ski fait partie de «l’ADN» des gens. Sutton n’est pas le plus haut mont avec son dénivelé d’environ 460 m, mais il possède une qualité inégalée de sous-bois et de ski en forêt. Il n’est pas surprenant qu’à la moindre tempête, la montagne soit le rendez-vous des adeptes du ski dans la «poudreuse». Pendant la montée, on peut constater l’étendue de la tempête. La neige tombe toujours et les pistes semblent recouvertes de crème fouettée, avec de jolis whippets ici et là.

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Le temps de la pause au chalet du sommet niché à plus de 840 m.

La fébrilité est palpable. Pour le moment, nous sommes le seul groupe de skieurs dans la remontée mécanique. Autant dire que nous aurons la montagne pour nous le temps de quelques descentes. Dès les premiers virages, les skieurs lancent des cris de bonheur! Comme si la fièvre de la poudreuse faisait perdre la raison. Impossible d’y résister, les cris fusent maintenant de toutes parts dans cette descente. La visibilité est réduite avec cette neige qui virevolte dans tous les sens. À un certain moment, j’en ai même plein la bouche, tellement je ris à gorge déployée. Je passe près de m’étouffer.

À mesure que la descente progresse, la vitesse augmente, l’assurance­­ pousse les plus casse-cou à quelques excès. Les fausses manœuvres ne pardonnent pas. Un peu trop de poids sur les orteils­­ et c’est parti pour la rou­lade «ski par-dessus tête». En mauvaise posture dans cette neige­­ profonde, certains ont même­­ besoin d’assistance pour se relever.

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Corey Anthony négocie avec agilité les virages serrés dans le sous-bois.

Après une halte au superbe chalet­­ rustique du sommet, situé à plus de 840 m, Corey Anthony, le skieur ayant le plus d’expérience, suggère une virée dans la Fantaisie. Une piste qui, selon plusieurs, est un paradis pour le ski de sous-bois. Dans cette neige particulièrement difficile pour skier, Corey défile avec habileté dans les passages étroits, entre les arbres et les coulées. Il nous offre un spectacle qui semble tiré d’un film de Warren Miller.

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La dameuse Tucker Sno-Cat, un outil indispensable pour travailler les sous-bois.

Les hivers se suivent mais ne se ressemblent pas. Malgré des hivers­­ en dents de scie, dont les conditions de neige aiguisent la patience des mordus de poudreuse, soyez à l’affût de ces fameuses tempêtes qui pourraient vous faire­­ sourire jusqu’aux oreilles!

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