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La réalité montréalaise

Plusieurs sièges du Centre Bell étaient vacants lors du match opposant la République tchèque au Canada, hier.
Photo Ben Pelosse Plusieurs sièges du Centre Bell étaient vacants lors du match opposant la République tchèque au Canada, hier.

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La marque a été plus serrée que prévu entre les Canadiens et les Tchèques, hier soir au Centre Bell. Mais la logique a prévalu.

Une chance, car s’il avait fallu que l’équipe canadienne se fasse sortir par la formation tchèque, ce qu’il reste de ce championnat du monde ­junior serait passé pratiquement sous le radar.

Déjà que le tournoi a été difficile à vendre en territoire montréalais et à travers le Québec.

Ainsi, il n’y avait que 10 215 personnes dans les gradins, hier soir.

Ce n’était pas beaucoup pour un match de la ronde des médailles ­impliquant l’équipe canadienne.

Prix trop élevés

Pourquoi?

Les raisons invoquées sont les mêmes que l’on entendait il y a deux ans alors que Montréal avait partagé la présentation du tournoi avec ­Toronto une première fois.

D’abord, très peu de gens sont ­intéressés à assister à un match entre deux pays qui ne font pas le poids.

Ce n’est pas unique à Montréal.

Il en est ainsi à Moscou, à Prague comme à Helsinki, sites de nombreux championnats mondiaux tant au ­niveau junior que professionnel.

Deuxièmement, la grille tarifaire des billets était encore élevée cette année malgré une réduction des prix de 30 pour cent.

Il en coûtait 80 $ pour un siège au balcon pour un match quart de finale.

Le prix bondira à 97 $ pour la finale qui aura lieu jeudi soir.

Ne stationnez pas au Centre Bell

C’est sans compter le prix prohibitif du stationnement.

La compagnie qui gère le stationnement du Centre Bell est vorace. Le prix est le même que pour les matchs du Canadien, c’est-à-dire 30 $.

Un conseil pour les gens qui veulent utiliser leur véhicule.

Le 1000 de La Gauchetière, qui est situé à deux coins de rue à l’Est, ne vous demande que 12 $, et c’est ­valable aussi pour les rencontres du Canadien.

La meilleure option demeure le ­métro. Ça ne prend que 20 minutes de la station Longueuil à la station ­Lucien-L’Allier.

Rien de nouveau

Voilà pour les explications ­pratiques.

Mais quand on y pense bien, la faiblesse des assistances enregistrées au Centre Bell depuis le début de ce championnat junior est un copier-coller de ce qu’on observe dans le hockey junior depuis des décennies dans la région montréalaise.

Les gens d’affaires qui ont eu des équipes se sont tous cassé les dents.

On se demande comment ­l’Armanda de Blainville-Boisbriand fera pour tenir le coup avec l’arrivée du Rocket de Laval la saison ­prochaine.

Et vous savez quoi?

Le Rocket devra user d’imagination pour remplir la nouvelle Place Bell, qui ouvrira ses portes à l’automne.

Ce sera l’occasion pour l’organisation du Canadien de grossir sa banque de joueurs québécois.

On ne viendra pas dire quand même que le Québec ne compte pas suffisamment de joueurs de soutien pour supplanter des joueurs du même type venant des autres provinces canadiennes et des autres pays qui ­produisent des joueurs de hockey.

Il faut bien commencer quelque part.

Si le Tricolore ne donne plus de chance aux joueurs qui grandissent dans son territoire, qui le fera?

Un Canadien plus résilient

Marc Bergevin a raison d’être satisfait de la tenue de son équipe. Le Canadien se maintient en tête de sa division sans joueur de centre ­numéro un depuis un mois. Il faut le faire quand même!

Le Tricolore présente une fiche de 5-3-2 sans les services d’Alex Galchenyuk, qui était son premier marqueur quand il a subi une ­blessure à un genou.

Habituellement, l’absence d’un joueur clé se fait sentir à long terme. Selon le pronostic des médecins, Galchenyuk pourrait renouer avec la compétition dans deux ­semaines, au plus tôt.

Sinon, ça ira après la pause du match des étoiles, à la fin du mois.

Or, il patine depuis un certain temps, tout comme David Desharnais, ce qui laisse présager que les deux centres pourraient réintégrer la formation avant la fin de janvier.

Le Canadien n’est pas sorti de l’auberge, donc.

Équipe différente

Mais s’il y a une qualité que l’on peut lui accorder, c’est sa résilience. Cette équipe a beaucoup plus de caractère que celle qui s’était effondrée dans les deux ­premiers mois de l’absence de ­Carey Price, l’an dernier.

Max Pacioretty contrôle mieux son rôle de capitaine.

Alexeï Emelin a élevé son jeu d’un cran en jouant aux côtés de Shea Weber. Jeff Petry a pris du galon, tout comme Nathan Beaulieu, Paul Byron et Phillip Danault.

Artturi Lehkonen montre de belles choses.

Alexander Radulov est moins productif sans Galchenyuk, mais il ne lésine jamais au travail.

Deux déceptions

Évidemment, certains joueurs déçoivent. Tomas Plekanec n’est plus le même et Brendan Gallagher provoque moins de choses.

Le Canadien a besoin d’une plus grande contribution de leur part.

Pour terminer, la question qui tue.

Bergevin transigera-t-il?

Nul doute qu’il examine la situation tous les jours. Mais à part peut-être l’Avalanche et les Coyotes, qui ne vont nulle part, les autres équipes de bas de classement vont probablement se donner encore du temps avant de procéder à du ­ménage dans leurs effectifs.

Cela dit, il ne faut pas s’attendre à des surprises.