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Gros vide à combler

Pour l’instant, le Canadien semble avoir l’avantage dans l’échange Weber-Subban, mais on sait qu’une transaction ne s’évalue pas sur une période de trois mois.
photo AGENCE QMI, MIKE STRASINGER Pour l’instant, le Canadien semble avoir l’avantage dans l’échange Weber-Subban, mais on sait qu’une transaction ne s’évalue pas sur une période de trois mois.

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À écouter David Poile parler de Shea Weber, c’est à se demander pourquoi il s’est départi de ses services. Non, mais pensez-y un peu. Combien de fois ­entend-on un directeur général déclarer au sujet d’un joueur qu’il a échangé que celui-ci manque à son équipe? ­Comment peut-on expliquer l’attachement que Poile porte encore à l’ancien capitaine de son équipe?

Weber a été le premier joueur étoile des Predators de Nashville, qui l’ont repêché après leur cinquième saison dans la Ligue nationale. Il était le ­visage de l’organisation.

Directeur général des Predators ­depuis leurs tout débuts, Poile l’a vu grandir comme joueur et comme homme.

N’empêche qu’il a mis ses sentiments de côté quand il lui a fallu prendre la décision de transiger.

En quête d’une nouvelle identité

À première vue, le départ de Weber a créé un grand vide chez les Predators.

Son ancienne équipe, que plusieurs voyaient en finale de la Coupe Stanley avant la saison, connaît une première moitié de campagne en dents de scie.

Elle est égarée sans son ancien chef de file et elle éprouve du mal à ­trouver sa nouvelle identité.

Si coupable il y a, il ne se trouve pas dans le vestiaire.

P.K. Subban n’est nullement en cause, comme aucun de ses coéquipiers.

S’il y a eu erreur, c’est Poile qui en subira les conséquences un jour.

L’équipe de price

Pendant ce temps, Marc Bergevin est en admiration devant Weber.

«Tout ce qu’on entendait à son sujet, c’est exactement ce que l’on voit», a-t-il dit au début de la semaine.

L’arrivée de Weber chez le Canadien s’est faite en douceur. C’est imputable au fait que l’équipe était celle de Carey Price avant sa venue, qu’elle l’est encore et qu’elle le sera aussi longtemps que sa carrière le gardera à Montréal.

Par contre, Price et Weber ont été tirés dans le même moule. Ils sont des meneurs silencieux. Ils ne disent pas grand-chose aux médias. Ils s’expriment sur la patinoire et leurs coéquipiers en prennent bonne note.

Ce n’est pas un secret que les dirigeants et les joueurs du Tricolore n’entretenaient pas le même genre de relation avec Subban que celle qui existait entre les membres de l’organisation des Predators et Weber.

Relation d’affaires

La relation entre Bergevin et ­Subban en était une d’affaires ­strictement.

Le directeur général du Canadien n’avait aucun lien particulier avec P.K. Ce n’est pas lui qui l’avait ­repêché. Il l’a échangé sans regret.

Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il déclare que P.K. manque à son équipe.

Mais il serait de mise que le ­Canadien lui rende un hommage ­similaire à celui que les Predators ont fait hier soir à Weber s’il participe au match du 2 mars entre les deux équipes au Centre Bell.

Tant pour ce qu’il a fait pour le ­Tricolore que pour la communauté montréalaise.

Bon vendeur pour Nashville

De son côté, Poile affirme et répète tout aimer de Subban. Il ne cache pas l’avoir acquis en plus pour ses talents de vendeur. P.K. contribue déjà à rehausser l’image des Predators à ­Nashville.

Côté hockey, il n’a pas eu encore le temps d’afficher tout son talent sur la patinoire. Mais ça viendra.

Pour le moment, un peu par la force des choses, le Canadien a l’avantage dans l’échange. Mais on sait tous qu’une transaction ne s’évalue pas sur une période de trois mois.

Il faudra du temps pour tirer une conclusion.

Les deux équipes pourraient y trouver leur compte, comme on le dit généralement à l’annonce d’un échange impliquant des joueurs réputés.

La conquête d’une coupe Stanley pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Mais rien ne dit que la 25e du ­Canadien se fera avec Weber dans la formation et que les Predators savoureront leur première avec Subban dans leurs rangs.

Quand on dit que ce trophée est le plus difficile à remporter, rappelons-nous que Wayne Gretzky ne l’a jamais plus gagné après avoir été échangé par les Oilers d’Edmonton.

Pour la dernière fois à Montréal ?

S’il a fallu 40 ans pour revoir le Championnat du monde de hockey junior à Montréal, on pourrait maintenant devoir en faire notre deuil à jamais.

La maigre foule de 10 215 spectateurs enregistrée lundi soir au Centre Bell, à l’occasion du match de quart de finale entre le Canada et la République tchèque, a incité les organisateurs du tournoi à revoir à la baisse les prix des sièges situés dans les balcons pour la demi-finale entre l’équipe canadienne et la Suède, ce soir.

Pas de remises

Les prix dans les bancs blancs, gris et bleus ont été réduits de façon significative, comme on peut le lire dans le texte du confrère Pierre Durocher (en page 69).

Par contre, les prix des sièges dans la zone Desjardins et les rouges demeurent les mêmes, c’est-à-dire entre 117,50 $ et 202,50 $.

Quant aux amateurs qui se sont procuré des billets aux prix réguliers, il semble qu’ils n’obtiendront aucune remise sur leur achat.

La moindre des choses serait de leur offrir des coupons gratuits sur présentation de leur billet à l’entrée pour les concessions alimentaires ou les kiosques souvenirs.

Sinon, l’affaire pourrait se retrouver devant l’Office de protection du consommateur.

Que dira Fasel ?

J’ignore comment les décideurs de Hockey Canada établissent leur grille tarifaire. Mais en dépit des ajustements apportés, les prix demeurent beaucoup trop chers pour du hockey junior.

Lorsque le championnat mondial junior avait été présenté à Montréal et à Toronto en 2015, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace René Fasel s’était élevé contre les prix des billets.

Il était même allé jusqu’à menacer Montréal de lui retirer la présentation du tournoi cette année.

Les organisateurs ont répondu en baissant le prix moyen des billets de 30 pour cent, mais la demande n’a pas augmenté pour autant.

Il sera intéressant d’entendre ce que Fasel aura à dire lorsqu’il rencontrera les médias aujourd’hui ou demain.