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Un policier de Montréal aurait fréquenté une prostituée mineure

Le sergent-détective Fayçal Djelidi a été arrêté en juillet dernier. Des affidavits rendus disponibles hier révèlent que le policier aurait régulièrement sollicité des prostituées en échange de rémunération. Il n’a pas encore été jugé pour ces accusations.
Photo Courtoisie, Les Actualités Le sergent-détective Fayçal Djelidi a été arrêté en juillet dernier. Des affidavits rendus disponibles hier révèlent que le policier aurait régulièrement sollicité des prostituées en échange de rémunération. Il n’a pas encore été jugé pour ces accusations.

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La police de Montréal croit qu’un de ses enquêteurs était un client régulier de salons de massage érotiques et aurait même fréquenté une prostituée d’âge mineur.

Les soupçons touchent Fayçal Djelidi, qui était sergent-détective de l’unité Gang de rue Sud du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Il a été arrêté au mois de juillet dernier et accusé au criminel, notamment pour sollicitation de services sexuels contre rétributions.

En février 2016, Djelidi aurait appelé une «jeune fugueuse» 8 fois et se serait rendu une fois chez elle «à la suite d’un arrêt au guichet automatique», selon des documents du service des enquêtes internes du SPVM.

Les enquêteurs du SPVM ont identifié la jeune fille «grâce à son numéro de cellulaire affiché sur son annonce web pour des faveurs sexuelles qu’elle offre».

Cette dernière aurait aussi été localisée «en compagnie d’un proxénète connu» lors d’une opération policière en mars 2016. Selon la police, elle annonçait avoir 19 ans, mais n’aurait été âgée que de 17 ans.

Les enquêteurs ne précisent pas si Djelidi était au courant que la jeune femme avait moins de 18 ans. Le policier n’a pas été accusé en vertu de l’article du Code criminel qui concerne la sollicitation d’une mineure.

Surveillance des journalistes

La police croit aussi que Fayçal Djelidi aurait inventé des informations contenues dans certains rapports de sources policières.

Ces révélations sont contenues dans les affidavits qui ont permis à la police de faire la surveillance du téléphone cellulaire du journaliste de La Presse Patrick Lagacé, l’an dernier.

Le SPVM croyait que Djelidi communiquait régulièrement avec le journaliste pour lui fournir des informations sans en avoir l’autorisation de ses supérieurs. Rien n’est reproché à Patrick Lagacé dans cette affaire.

Fin octobre, les révélations selon lesquelles le journaliste avait été épié ont eu l’effet d’une bombe et placé le chef Philippe Pichet dans l’embarras.

Québec a même créé une commission d’enquête pour faire la lumière sur la surveillance policière des représentants des médias.

Les allégations des enquêteurs à l’endroit de Djelidi n’ont pas encore été prouvées devant la justice. Le policier est actuellement suspendu sans solde.

Ce que le SPVM reproche à son enquêteur

«Du 18 janvier au 4 mai 2016, il est possible de constater 698 appels placés auprès de 165 numéros de téléphone différents reliés à des salons de massage érotique ou de personnes connues dans les banques de données policières comme étant reliées à des activités d'ordre sexuel ou à la prostitution», lit-on dans les affidavits.

«Le rapport indique que Fayçal Djelidi [...] fabrique de la preuve dans le cadre de ses fonctions de contrôleur de source.»

«Fayçal Djelidi contacte un journaliste et peu de temps après, des informations connues par peu de policiers (dont lui) se retrouvent dans les journaux.»