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Un resto nourrit gratuitement et sans jugement les démunis

Marché Ferdous
Photo Christopher Nardi Abdelkader Bejaoui, le chef du restaurant Marché Ferdous, offre de la nourriture gratuite à quiconque le demande.

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Les propriétaires au cœur d’or d’un restaurant du centre-ville de Montréal ont offert de nourrir gratuitement et sans poser de question tous les affamés qui sont sans le sou.

Depuis trois mois, tous ceux qui ont faim et qui n’ont pas les moyens de manger peuvent s’arrêter au Marché Ferdous, restaurant méditerranéen situé sur la rue Sainte-Catherine, pour manger sans dépenser le moindre sou – et surtout, sans se faire juger.

«L’offre est ouverte à tous. Nous ne posons pas de questions et nous ne jugeons pas ceux qui ne peuvent pas payer. Ça peut arriver à n’importe qui de traverser une période difficile dans la vie qui les laisse sans le sou. Vous seriez étonné parfois de voir qui nous demande un repas», dit le propriétaire de l’établissement, Yahya Hashemi, qui dit donner environ 5 à 6 plats par jour.

Afin de vérifier la sincérité de l’initiative, notre journaliste est entré dans le restaurant incognito et a demandé de la nourriture gratuite. Quelques minutes plus tard, il est ressorti avec un sandwich au poulet garni à son goût et gratuit, sans jamais se faire questionner. Il est ensuite retourné pour se présenter et payer son repas.

«On leur offre des pitas, mais aussi des assiettes complètes. On les encourage à rester ici pour manger s’il fait froid dehors, ou ils peuvent aller manger ailleurs. Ce n’est pas un sandwich gratuit qui va nous mener à la faillite», indique Abdelkader Bejaoui, le chef du restaurant et Tunisien d’origine.

Beaucoup de demande

Ayant pignon sur rue à côté de l’Église anglicane St-James-the-Apostle, dont le parvis accueille de nombreux sans-abri qui y dorment le soir, le Marché Ferdous reçoit depuis longtemps la visite de gens dans le besoin.

«Les gens venaient quêter de la petite monnaie au bureau de change que nous détenons à côté du restaurant, alors je leur donnais 1 $ ou 2 $ et je leur disais d’aller acheter un sandwich et de mentionner que c’est moi qui les envoyais. Éventuellement, on s’est dit: pourquoi ne pas tout simplement leur offrir de la nourriture», raconte M. Hashemi, qui est originaire de l’Irak.

Il a remarqué un bond dans la demande le jour de Noël et le 26 décembre, alors que beaucoup de Montréalais se régalaient entourés de famille ou de proches.

Religion positive

Pour M. Bejaoui, cette initiative s’inscrit parfaitement avec les enseignements de la religion musulmane qu’il pratique depuis la naissance.

«Le Coran nous enseigne de toujours donner à ceux dans le besoin lorsque nous sommes comblés. Je suis content de pouvoir redonner au suivant de ma façon, et en même temps de montrer un côté plus positif de ma religion», lance en souriant le chef.