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Plus fort que les mots

Si Dominique Ducharme a lancé une flèche aux Suédois, c’est qu’il voulait peut-être secouer ses propres joueurs.
Photo Ben Pelosse Si Dominique Ducharme a lancé une flèche aux Suédois, c’est qu’il voulait peut-être secouer ses propres joueurs.

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Dominique Ducharme peut ­dormir tranquille. Ses propos selon lesquels la Suède ne gagne pas en ronde éliminatoire au championnat mondial junior ne lui retomberont pas sur le nez.

Et quand bien même l’équipe canadienne aurait perdu contre les Suédois hier soir au Centre Bell, aurait-on pu vraiment invoquer les commentaires de Ducharme comme cause de la défaite?

Mais non, voyons donc!

Or, en cette époque de rectitude politique dans laquelle nous vivons, il ne faut plus rien dire.

Le hockey n’est pourtant qu’un jeu. Maurice Richard a passé sa vie à le répéter, bien qu’il ait souvent donné l’impression qu’il s’agissait d’une question de vie ou de mort pour lui.

Aseptisé à l’extrême

Le sport est un spectacle.

Les promoteurs, les dirigeants, les athlètes et les partisans carburent aux émotions.

Michel Bergeron, Ron Racette, ­Orval Tessier, Roger Bédard et combien d’autres disaient tout ce qui leur passait par la tête dans les années ­dorées du hockey junior.

Les journaux ne manquaient pas de copie. Les déclarations-chocs des entraîneurs faisaient les gros titres et les amateurs s’en abreuvaient.

La cabane était chauffée à bloc avant que le match ne soit commencé.

Évidemment, il y avait des soirs où on dépassait les bornes sur la glace.

Heureusement, les goons ont disparu avec les bagarres générales. Le hockey junior s’est raffiné, mais tout est devenu aseptisé comme dans la Ligue nationale.

La Ligue de hockey junior majeur du Québec pourrait permettre à ses entraîneurs de se relâcher un peu.

Ça manque de couleur.

Message à ses joueurs

Si Ducharme a lancé une flèche aux Suédois, c’est qu’il voulait peut-être secouer ses propres joueurs.

Les jeunes Canadiens n’avaient rien cassé dans leur victoire en quart de ­finale aux dépens des Tchèques. Ils avaient fait juste ce qu’il faut pour ­gagner.

Deux jours plus tôt, ils s’étaient ­affaissés face aux Américains, qu’ils ­reverront en grande finale ce soir.

Les Américains ont travaillé ­d’arrache-pied pour venir à bout des Russes en demi-finale.

La victoire aurait pu aller d’un côté comme de l’autre.

Ingram faisait peur

Quant aux Canadiens, les choses sont parties du mauvais pied. Pas tellement pour l’équipe comme pour le gardien partant Connor Ingram, qui a fait don de deux cadeaux aux Suédois sur seulement trois tirs dirigés vers lui.

Il faisait peur!

Ducharme a sorti le crochet pour le remplacer par Carter Hart, qui a redonné des ailes aux siens en effectuant quelques arrêts solides à son entrée dans le match.

Anthony Cirelli a créé l’égalité avant la fin de la première période et ce fut la dernière fois que les Suédois se sont sentis dans le coup.

Trop forts

À partir de la deuxième période, les Canadiens ont commencé à distancer les Suédois. Même avec une avance d’un seul but, on les sentait en contrôle.

La troisième période a été tout à leur avantage. Deux buts sans réplique, dont le deuxième de la soirée de Julien Gauthier, 14 tirs au but contre seulement quatre pour les ­Suédois, la victoire était dans le sac.

Les Suédois n’ont pas craqué sous la pression, les Canadiens étaient trop forts pour eux.

C’était simple comme bonjour, sauf que ça, Ducharme ne pouvait pas le dire.

L’affrontement de ce soir contre les Américains promet. Les Canadiens ont un compte à régler avec eux.

C’est à souhaiter qu’il y aura plus de monde dans les gradins.

La cruauté des tirs de barrage

On a beau dire qu’il faut un ­gagnant et un perdant, mais rien ne doit être plus frustrant que de perdre un match en tirs de barrage.

Les Russes ne méritaient pas de perdre sur cette note face aux ­Américains dans l’autre demi-finale du Championnat du monde junior.

De l’avis de plusieurs, cette rencontre fut de loin la meilleure du tournoi, jusque-là. Les Russes et les Américains ont donné un ­excellent spectacle.

En s’étirant à sept rondes, la ­fusillade a fourni son lot d’émotions, mais c’est un concept cruel pour déterminer un vainqueur dans un match capital.

La Ligue nationale se refuse à ­valider cette formule dans les séries éliminatoires et c’est très bien ainsi.

Ce bris d’égalité est déjà contesté par les gardiens en saison régulière, eux qui ont déjà à supporter une grosse part de pression.

Pourquoi un tel écart ?

C’est aujourd’hui que les ­organisateurs du tournoi feront leur bilan.

Les intervenants seront René ­Fasel, président de la Fédération internationale de hockey sur glace, Tom Renney, président sortant et chef de direction de Hockey ­Canada, et Scott Smith, qui deviendra président en juillet prochain, tout en continuant d’assumer le rôle de chef de l’exploitation.

On compte bien leur demander des explications en rapport avec les coûts élevés des billets.

L’an dernier en Finlande, le prix maximum d’un forfait pour les deux demi-finales se chiffrait à 58 $ alors qu’il fallait débourser 202,50 $ dans les rouges pour chacun des deux matchs hier.

Est-on si riches que ça au Québec?

Ça n’a aucun sens!

Il semble qu’il en coûte très cher pour faire rouler Hockey Canada.

Plusieurs amateurs ont fait connaître leur mécontentement dans les réseaux sociaux.

Comme certains l’ont souligné, on nous invite à y aller en famille, mais pour des couples parents de deux enfants, la facture s’élève à près de 400 $ pour des places dans les hauteurs de l’amphithéâtre.

C’est ce qu’il en coûtait pour les matchs de la ronde quart de finale. Les prix ont été abaissés de 97,50 $ à 57,50 $ pour les demi-finales.

Et tant pis pour les consommateurs qui s’étaient procuré leurs sièges aux prix réguliers.

Belle façon de faire des affaires!